Taddart
11/11/2006 05:01 par tassaft
Ath Yanni, commune faite de collines, est située à 150 km de la capitale et à 35 km au sud-est du chef lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. Elle est considérée comme un paradis écologique, une station au climat radieux.
Source : http://www.depechedekabylie.com/popread.php?id=25330&ed=1266
Surplombée par la chaîne montagneuse du Djurdjura, la localité occupe une superficie de 3 425 ha (35 km2) pour une population approximative estimée à 6 .000 habitants. Son relief est constitué d’une succession de collines entrecoupées par des sites naturels exceptionnels lui offrant un caractère touristique indéniable.
Les Ath Yanni tirent leurs origines des tribus "Zouaouiyen" (Izwawiyen), d’après Ibn Khaldoun, dans l’histoire des Berbères (1352-1406). Ils sont composés des tribus des "Ath Rbah", des "Ath Ouacifs" et des "Ath Yanni".
Ces trois tribus, selon les historiens, habitent de petites villes bien bâties. Leurs populations varient entre 70 et 300 habitants, où chaque tribu est bien organisée et conservée. Des populations qui étaient également, selon ces historiens, développées notamment par leurs diverses activités industrielles qu’elles exerçaient à l’époque. Des pièces et sites archéologiques ayant été découverts, témoignent de la fascination des populations anciennes des At Yanni à l’armurier et à l’orfèvrerie ainsi qu’aux petites industries diverses.
Les centres d’habitations des At Yanni sont concentrés, jusqu’à nos jours, d’ailleurs, dans sept villages érigés sur des collines. Il s’agit de Taourirt Mimoun, Taourirt L’hadjadj appelé aussi Takhabit, Ath Lahcen, Ath Larbâa, Tigzirt, Agouni Ahmed et Tansaout.
Mais les centres les plus anciens sont Taourirt Mimoun, Ath Larbâa et Ath Lahcen qui constituaient les Ath Betroune. Leurs regroupements sont opérés sous l’égide de Sidi Ali U Yahia. Ce fut un saint duquel les marabouts de Taourirt Mimoun revendiquent la descendance.
Sidi Ali U Yahia, était un guerrier et diplomate en même temps. Il serait venu de Sakiat El Hamra, du Maroc, aux environs de l’an 1600. "Il entraîna les At Yanni vers leur victoire définitive sur les At Ouacifs contre lesquels ils entretenaient des relations hostiles et belligérantes", notent les historiens.
Les légendes des At Mimoun
Les At Mimoun entretiennent des légendes aussi étonnantes qu’elles paraissent plus mythiques que véridiques, sur l’origine de leur descendance. Ainsi, l’on parle d’une époque où le village était frappé par une forte peste qui extermina ses habitants. Un jour, un homme de ce village descendit à la rivière sur le dos d’un mulet et il rencontra un vieil individu à la tête nue portant une très longue barbe. Le vieil homme tenait un bâton à la main et était pieds nus. Un entretien s’est enclenché, dés lors, entre les deux hommes :
“Descends ! Je vais monter ; je vais à Taourirt”, lui dis le vieil homme.
- De quelle famille est-tu ?, lui répliqua le cavalier.
- Mon nom est Mimoun, répond le vieux.
- Non, juif ! Tu es donc juif ? s’exclama le cavalier avant de décliner
- Moi, c’est Kaci, je suis musulman….
La légende raconte que Kaci n’était point quelqu’un de bien, mais il a accepté quand même de prêter son mulet à l’étranger. Depuis, la peste a disparu du village…. Et Taourirt est devenue Mimoun…. La peste ne reviendra jamais, raconte aussi la légende.
Une autre légende, celle de "Sidi L’mouhoub Ouali et la mosquée de Taourirt Mimoun", qui raconte que le Saint a transformé le Bey en une femme.
La mosquée de Taourirt Mimoun fut édifiée à partir du XVIe siècle, c’était à l’époque Turc. Elle fut construite par Sidi L’mouhoub Ouali, fils de Sidi Ali U Yahia, un homme Saint également qui était venu s’installer dans ce village alors qu’il adorait prier et méditer. L’on raconte, par ailleurs, que les citoyens de ce village, bien qu’ils soient accueillants et possédant la bonne manière pour recevoir les inconnus, ils ne se gênent pas de faire subir le mal aux étrangers, car, aussi contradictoire que cela puisse paraître, ils admettent mal la présence d’étrangers en leur milieu, raconte t-on également. Ce fut ainsi la raison pour laquelle, Sidi L’mouhoub hérita d’un don du ciel (la baraka du Dieu) et de son père par laquelle il a fait miracle de maudire ces gens-là en les faisant souffrir de misères et de maladies.
Une situation de désolation qui amènera les citoyens de Taourirt Mimoun à demander pardon au Saint (Ouali). On racontait aussi que Sidi L’mouhoub faisait le commerce d’armes à Alger. Un jour, des soldats turcs conduits par le Bey, apostrophèrent le Saint et demandèrent à savoir ce qu’il transportait avec lui. Sidi L’mouhoub se saisira d’une poignée de poudre qui fut transformée en couscous puis la montra au Bey. Cette "rencontre" donnera lieu à une sympathie entre le Bey et le Saint. Celui-ci sera d’ailleurs invité par le chef turc à un dîner chez lui. Le Bey était nourri d’une mauvaise intention puisqu’il lui prépara un chat comme souper. Sidi L’mouhoub reconnu l’odeur de "la viande" qu’il caressa de sa main avant de prononcer : "Esseb !" (va-t-en !)
Et le chat s’enfuit. Puis le Saint transforma le Bey en une femme… ! Celui-ci supplia le Saint de lui redonner sa forme….
Et comme reconnaissance à ses pouvoirs "magiques", le Bey lui construira une mosquée à Taourirt Mimoun dont le matériau fut importé du Maroc, telle la porte, la faïence, les colonnes et les chapiteaux. La mosquée, restée intacte à nos jours, est bâtie entre le quartier des marabouts et celui des Ath Mamer (Mammeri).
Aux origines des autres tribus
Les premiers occupants du village des At Lahcen sont les At Attelli, venus de Larbâa Nat Irathen, les migrants de Nezlwa venus du sud de Djurdjura et les migrants de Awrir Uzemur d’Akbil. Les Ath Lahcen furent le village le plus peuplé et le plus riche des At Yanni. Leur village contient plusieurs ateliers de fabrication d’armes et de bijoux.
Quant aux Ath Larbâa, ils sont originaires de la Kabylie maritime. Ils sont composés des Ath Frawsen et des Iflissen qui sont à l’origine Ath Qayed d’Iflissen.
Les autres composantes de ce village sont de Béjaïa (Qalâa d’Ath Abbas) venus en réfugiés de la guerre entre le roi de Koukou et la Qalâa. Taourirt El Hadjadj se nomme également Takhabit est bâti au lieu dit El Djamâ n’Tkhabit appartenant à la dynastie (L’arch) Oubelkacem. Celui-ci est composé des tribus de Takhabit, Ath Arbah, Tassaft Ouguemoun et At Ali Ouharzoun, appelée jadis Taourirt Ath Ali.
Takhabit a connu deux guerres qui ont duré quatre ans (1616-1620), selon Belkacem Ben Sedira. Dés lors, le village se partagea en deux softs : les partisans de l’union avec les Ath Yanni et les partisans de l’union avec les At Ouacifs. Sidi Ali U Yahia rebâtit le village et prendra le nom de Taourirt El Hadjadj (L’éperon des pèlerins).
Le village Tigzirt est bâti sur un terrain offert par Sidi Ali U Yahia à des réfugiés d’At Abbas des Ouacifs. Quant au village d’Agouni Ahmed, il fut fondé par deux familles de Tassaft (l’arch Oubelkacem), raconte-t-on. Tansaout e avait été fondé par Sidi Ahmed Uzegane, homme Saint venu des Ouacifs.
Sites et vestiges historiques des Ath Yanni
Plusieurs sites archéologiques ont été découverts dans les villages d’Ath Yanni.
Des traces qui témoignent du passage des turcs dans la localité mais aussi de leur installation et du développement des activités économiques, entre autres. La mosquée de Taourirt Mimoun reflète aussi de l’intérêt accordé à la religion dans le village et les villages environnants à cette même époque.
Elle fut édifiée à partir du XVIe siècle Taourirt Mimoun par Sidi L’mouhoub Ouali fils de Sidi Ali U Yahia.
Mouloud Mammeri a été le premier qui a pris conscience de protéger et de sauvegarder ce merveilleux monument, dont il a refait la charpente de la mosquée.
Elle a été restaurée en 1997, dont les rares modifications ont été opérées avec attention, selon Melle Ouahioune Saliha, fonctionnaire à la direction de la culture de la wilaya. Celle-ci nous précisera que les travaux engagés sont très timides eu égard à la rareté de certains matériaux originaux, telle la faïence.
Notre interlocuteur ayant établi sa propre fiche technique, signale, par ailleurs, que la mosquée n’est toujours pas classée patrimoine historique.
Les turcs ont utilisés des matériaux que recèle la localité à l’instar de la pierre, la brique, l’argile, le bois ainsi que de la chaux mélangée à de la terre. Quant aux accessoires intrants, les Ottomans ont dû recourir à l’importation du Maroc à l’exemple des colonnes et les chapiteaux.
C’est, en somme, un chef-d’œuvre architectural et un monument historique des plus fabuleux, que nous avons pu voir lors de notre visite sur les lieux. Les villageois que nous avons rencontrés sur place n’ont pas caché leur fierté d’avoir un tel site au sein de leur village. D’autres monuments historiques, non encore découverts, d’autres pas encore identifiés ou répertoriés, sont éparpillés dans les villages d’Ath Yanni, notamment les nombreuses fontaines construites à l’ère ottomane. Des fontaines aménagées en des bains (hamame).
Néanmoins, au village Ath Larbâa, les traces d’une autre mosquée datant de l’époque turque sont répertoriés. Cette bâtisse de culte a été brûlée par les français lors de la prise du village, le 25 juin 1857. L’unique trace qui reste intacte est la porte principale de cette mosquée, évoquée d’ailleurs dans “notes et documents concernant l’insurrection de 1856-1857 de la Grande Kabylie" du colonel Robin.
M.A.
IMESDURAR
Idurar t-tidet cebhen
S uqerruy iw ar cebhen
Ar cebhen amzun d laz
D laz akw i ten icebhen
Yegguggug yef yedyayen
Idyayen i yef nejtutel
Deg wayen i cnan wid i iy izwaren
Ar assa tidet teffer
Cbaha bb win t yedyayen
Laz yeqqim i emesdurar
Imesdurar n twayit
Tawayit tezzi yasen
Ala nettat i ten ihemmlen
Themmel iten i tmettant
Tmettaten yef wayen ur tetten
Akw d wid ara ten iccen
Sawalen asen d ad nyen
Tinekkriwen g yemyiden
Iyallen m’ara buren
Awi d w’ara ten yayen
Ansi i d yekka waya ?
Ayagi yekka d
Si tesyiret tasihrant tameqwrahant
I d ikkren deg wzayar
Yerzan taxeddimt bb wedrar
Anwa i d amesdrar assa
tesserwa tmurt is ?
Assagi :
Tayat is t-tcabcaqt n uyefki
Asyar is t taqereet n lgaz
Tibhirt is d ssuq
Awi d kan tadrimt
Anidat ?
Tadrimt trebba aqacuc
Di temdinin f izuyar
Izuyar sufella idurar
Sayasen t id iyallen
Tetten t ala at ieebbad
Widak nni yitetten
Ttfen tamurt di Marikan
Di Rrus d wanda ssawden
Tekkan yef wid mi ttaken iysan
Idan wid iy ihekmen
Ay iyallen akken nella
Nella d wid iburen
Ney d wid n lluzinat
Amenny iy icebbwlen
Macci garanay ara d yas
Wiy ismerkayen anida-t ?
Kkret a nedduklet fellas
A nefrut bb waggaraney
Ddunit a tbedddel llsas
Ad yali yitij nney
(Chanson de Ferhat Imazighen Imula)
LES MONTAGNARDS
Les montagnes sont certes belles
Sur ma tête qu’elles sont jolies
Aussi belle que la faim naturelle
C’est même la faim qui les embellit
Elle fleurit sur les pierres éternelles
Sur lesquelles nous restons assis.
De tout ce qu’ont chanté
Nos prédécesseurs et nos ainés
Une vérité reste encore à élucider :
La beauté est le lot de pierres taillées
La faim des montagnards résignés.
Les montagnards de malheur, les opprimés.
Le malheur les entoure, c’est leur sort
Et n’ont que lui pour les aimer
Il les aime pour la mort
Mourir pour des causes vénérées
Celles des exploiteurs et consorts
Ils leur font appel pour briser
Le soulèvement des corps.
Les bras inoccupés
Ne demandent qu’acquéreur
Où sont les autres, les oubliés ?
Ce phénomène rongeur
Vient de la production capitaliste
Développée dans les plaines nordistes
Écrase la production rurale et sudiste.
Quel est aujourd’hui le paysan
Qui se suffit à lui-même de son vivant ?
Le dernier d’entre-eux a à peine :
Pour bois, une bouteille de butane
Pour chèvre, une boîte de lait
Pour potager, le marché
Pourvu qu’il ait l’argent frais…
L’argent s’entasse là-bas
Dans les villes bâties sur les plaines
Plaines au-dessus des montagnes
Il est produit par les bras
Confisqués par les ventrus indignes
Qui nous enchaînent et nous saignent.
Ils détiennent le pouvoir aux USA
En URSS et dans le monde si bas
S’appuyant sur eux, ils nous jettent
Les os et les restes…..
Ces chiens qui nous dirigent
Des corrompus en héritage…
Que nous soyons penseurs
Ou simples chômeurs
Ou ouvriers d’usine
Nos luttes intestines
Sont indignes.
Voyons plutôt leur instigateur
Unissons-nous, contre l’oppresseur
Et la paix sera
Le monde changera
Et notre soleil resplendira….
(Traduction par Berbere06 - Inspiration chanson de Ferhat Imazighen Imula)
Dis à mon frère,
car il l’ignore,
que ce n’est pas du regard ,
qu’il va pouvoir démonter une mer calme.
Qu’il fasse appel aux foudres du ciel,
à la pluie et à la grêle,
au froid et à la neige et qu’il se tienne bien loin pour voir,
ce jour-là, les embarcations couler.
Où est le chemin que l’on cherche et que l’on ne trouve toujours pas ?
Où se trouve la vérité qui nous cherche sans nous trouver ?
Où se trouve l’injustice qui donne tant de force aux épreuves ?
Je vais te jurer,
au nom de ce que tu n’attends pas…
Je vais te jurer,
que tu ne verras point ce que tu chéris,
à moins de t’arracher ce rêve dans lequel tu es tombé.
Si tu es intelligent,
tu arriveras à tes fins.
Et si tu as compris,
à chacun de tes frères tu expliqueras.
A chaque brume qui disparaît,
une nouvelle brume arrive.
Chaque main qui te frappe,
tu lui souris dès qu’elle te caresse.
Toi qui es enchainé,
ton joug est bien solide.
La main qui t’enchaine,
prends soin de l’embrasser avant de la mordre…
Si mon cœur se réchauffe c’est vers lui que le soleil se tourne.
Mon foie est en retrait,
gelé par le froid.
Si mon foie se réchauffe,
les rayons du soleil se tournent vers lui.
Mon cœur est en retrait et manque de gercer à cause du froid
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Inas i gma par Lounis Ait-Menguellet
Inas i gma wer nez'ri,
mačči s tmuγli ,
ar at cebbwled’ lebh’er yersen,
jbed-dd arεud n-igenni,
lehwa d-ubruri,
asemmid' d-ideflawen,
tezged-dd mbbεid s-tmuγli,
ad tezr'ed’ as-nni
wali lembbwaber ad iγerqen...
Anida-t webrid,
nettrağğu mazal nufa ?
Anida-tt tidett,
t-ttnadi wer daγ tufa ?
Angga-t lbat’el,
yettakken lğğehd i tlufa ?
Win ur tettnadi,
tezr’id’ γurek i dd-yestufa,
arwu taguni,
tinid’-as isehl i twakksa...
Ma yeh’mu wul-iw,
it’ij γer lğğiha-s yewwet,
tassa-w tedduri,
teqim i wegris semd’et,
ma teh’mu tassa-w,
it’ij fell-as i dd-yecreq,
ul-iw yedduri,
s-ugris yebγa ad iceqeq...
Ad ak ggalleγ,
uh’eq ayen γef ur tebnid’,
ad ak ggalleγ,
ar ayen aεzizen ur tez’rid’,
siwa ma tekksed’,
targit-nni deg i teγlid’,
ma yella tz'ewr'ed’,
ad tefγed’ s-ayen tebγid’,
ma yella tfehmed’,
kkul gma-k ar d as tinid’,
Azaglu yerz'en,
nettrağğu ak εiwden wayed’,
kkul agu yekksen,
gma-s akk i dd-yessiwed’,
kkul afus ikk yewten,
m ikk iself ad as ted’sed’,
a win yettwarzen,
iğğhed rebg si teqned’,
afus kk icudden,
suden-it uqbel at-γez'ed’....
Transcription : Icerfan
Ce massif imposant, boisé, est constitué d’un ensemble de montagnes à étages successifs qui s’adossent l’une contre l’autre jusqu'à la chaîne du Djurdjura.
Celle-ci, en forme d’arc, s’étend sur une longueur de
Le massif du Djurdjura se présente comme une tour naturelle, un rempart inaccessible que les Romains ont baptisé Mons Férratus, sans doute à cause de la résistance affichée par ses habitants. Les traces d’activité humaine en Kabylie du Djurdjura remontent à la préhistoire comme l’attestent les nombreuses découvertes archéologiques telles que l’industrie lithique, les gravures et peintures rupestres et les stèles libyques trouvées à Abizar et à Souama (…). Elles témoignent de l’activité et de présences humaines permanentes. Quant aux premiers contacts avec le monde extérieur, ils remontent aux Phéniciens (Carthaginois) qui, par les nombreux comptoirs commerciaux longeant la côte kabyle, ont noué certainement des liens commerciaux.
Ensuite les Romains ont essayé d’imposer leur suprématie sur les montagnes du Djurdjura, mais en vain, le Mons Férratus est inaccessible. Les Quinquégentiens, organisés en confédérations entrèrent en insurrection et ne se sont jamais laissés dominer. Pour mieux surveiller leurs acquis dans les plaines, les Romains ont construit des fortins le long des voies qu’ils ont tracées, en relation avec les différentes limes, à l’exemple du fortin Burgus Centanarius situé sur la rive gauche du Sébaou en relation avec la lime de Bida Municipium (Djemaa Saharidj), située en contrebas des Ath Frawsen. Les relations entre les montagnards et les Romains ne sont pas toujours tendues : Bida Municipium adossé au mont des Ath Frawsen a longtemps prospéré.
La révolte des montagnards pour l’indépendance prend de l’ampleur en l’an 372 avec l’insurrection de Firmus qui a soulevé
Au moyen-âge, les Kabyles du Djurdjura furent intimement mêlés aux évènements politiques et religieux qu’a connus l’Afrique du Nord, sans toutefois se diluer dans la masse. Insoumis, Ils ont su défendre et préserver jalousement leur indépendance. Les Turcs, comme d’ailleurs leurs prédécesseurs, ont échoué dans leur entreprise de colonisation du massif. Ils se sont juste bornés au recouvrement temporaire des impôts. Grâce à leur politique religieuse, ils ont pu ménager des relais pour contrôler la région. Tout comme les Romains, les Turcs érigèrent des bordjs et des fortins pour leurs makhzens le long des vallées pour appuyer leur politique de recouvrement de l’impôt et défendre leur acquis dans les plaines. La soumission des tribus n’a jamais été totale comme l’atteste les nombreuses insurrections et incursions des montagnards : le bordj du Sébaou , fondé en 1720 fut assiégé et celui de Boghni fondé à la même époque que le premier fut détruit à deux reprises, en 1756 puis en 1818 .
Ainsi, "l’appareil administratif, politique et militaire, mis en place par les Turcs en Grande Kabylie, a été très sommaire et n’a pas affecté les modes d’organisations sociopolitiques des tribus du massif montagneux."
De l’époque romaine à l’époque turque, les montagnes sont alors restées inaccessibles aux intrusions étrangères.
Organisation sociale et politique
Tous les villages se ressemblent dans leurs structures et dans leurs situations géographiques et l’étude d’un seul, suffit pour comprendre toute l’organisation sociale et politique des communautés villageoises.
L’unité sociopolitique et économique de base de la société Kabyle est la famille élargie : Axxam.
1) Axxam :
Il est composé de grands-parents, du père, de la mère et de leurs enfants. Trois générations vivent ensemble sous l’autorité de amghar (le vieux). Il est le porte-parole de la famille, notamment à la djemaa (tajmat).
Un ensemble de familles (ixxamen) ayant un ancêtre commun compose taxxarubt ou adrum dans certains cas.
2)Taxarubt :
Txarubt (fraction), est l’extension de la famille élargie. Elle occupe un espace bien défini. Taxarubt "est l’unité première de référence idéologique. L’ensemble des unités composant taxarubt partage en commun l’héritage symbolique légué par l’ancêtre en lignée paternelle. Elles sont collectivement comptables de l’intégrité physique de chacun des membres les composant, et de l’honneur du nom partagé en commun." Avant l’introduction du nom patronymique par l’administration coloniale, les membres de taxarubt (fraction) s’identifient à son nom. Elle porte le nom de l’ancêtre.
Exemple : Mezyan n Ath Ali (ath Ali est le nom de Taxxarubt).
Un ensemble de tixarubin (fractions) compose adrum (le quartier). Cependant, imsenden ou Ibaraniyen (familles étrangères) qui se trouvent dans le village, s’insèrent dans les différentes fractions.
3) Adrum (quartier) :
Dans les grandes communautés villageoises, le quartier marque une limite géographique. Ainsi, "la structuration qui va de l’axxam à adrum se trouve projetée dans l’agencement des habitations, des tombes au cimetière et jardins". Un ensemble de iderma (quartiers) forme taddart (le village).
Il arrive que, pour se défendre ou pour attaquer un ennemi commun, des villages s’unissent et forment laârc (tribu) : "Des tribus se liguant contre l’ennemi commun, les confédérations des Flisas, des Guechtoulas, des Aït-jenad, et des Ait Iraten prirent les armes et engagèrent la lutte, en commun, contre les autorités locales que les deys d’Alger cherchaient à leur imposer." Pour les mêmes raisons, les tribus se confédèrent et forment Laârac ou taqbilt (confédération de tribus). Elles sont dissoutes dès que les mêmes conditions qui les ont fait naître cessent d’exister.
Par ordre croissant on obtient :
Axxam (famille), axxarub (fraction), adrum (quartier), taddart (village), laârc (tribu), taqbilt (confédération de tribus)
4) Taddart :
Taddart (communauté villageoise) se présente comme une petite république.
Taddart (village) qui vient du mot dder (vivre) signifie lieu de vie. "Le village représente le monde des vivants, le monde social, doté d’une organisation socio-économique et politique afin d’assurer sa reproduction physique et sociale". Taddart est administrée par une autorité dirigeante qui est tajmaât (assemblée du village). Elle est composée de “lamin”, assisté par des temans (représentants des différentes xarubas), d’un oukil (trésorier) et d’un imam (secrétaire).
Avant la colonisation française, tajmaât était un véritable conseil politique doté d’un droit coutumier et de toute indépendance. Elle gère les affaires de la communauté : guerre, paix, promulgation des lois ou leur annulation … Ils exécutent les décisions de l’assemblée, ils veillent sur le patrimoine et les intérêts généraux du village.
Après la colonisation, tajmaât n’a plus les mêmes prérogatives d’avant, elle est remplacée d’abord par celle du douar (une seule pour toute la tribu). Elle est dirigée par un corps composé d’un bachagha, d’un caïd et de notables choisis et nommés par l’administration. Ensuite, ce conseil est devenu l’assemblée communale qu’on connaît de nos jours. La dilution de tajmaât n taddart (conseil du village) dans celle du douar ne peut trouver explication que dans la volonté d’avoir la main-mise sur
Economie :
Avant la colonisation, les montagnards du massif du Djurdjura se sont maintenus en équilibre sur les montagnes, certainement grâce à leur ingéniosité. Pour vivre en autonomie rester sur ces terres pauvres avec une densité de population importante, les montagnards ont dû appliquer un système socio-politique, juridique et économique, appuyé par un important investissement humain : "Toute population qui n’atteint pas une certaine densité est menacée d’absorption, d’assimilation…La densité numérique étant la condition nécessaire pour que s’établisse une certaine densité sociale …est nécessaire en milieu montagneux, pour que le groupe assure son autonomie de subsistance grâce à un stricte contrôle de l’espace utile exigeant un investissement considérable". L’économie des communautés villageoises de
L’économie de montagne basée sur l’arboriculture, le jardinage, l’élevage et l’artisanat, différente de celle de la plaine, basée à l’époque, essentiellement sur les céréales, est complémentaire. Un rapport montagne /plaine fut établi. Il renforce le maintien des populations par l’échange du surplus de produits issus de l’économie de montagne (nombreux à l’époque) contre par exemple des céréales qui faisaient défaut dans l’agriculture de montagne .
Après la colonisation de la région, l’équilibre qui a maintenu les populations se trouve compromis avec la destruction de l’économie et le démantèlement des institutions sociopolitiques sur lesquelles elle repose : expropriations des terres, destructions du patrimoine forestier et arboricole (incendies), déportations, impôts sur la guerre, interdiction du commerce (les souks) et enfin démentèlement des institutions socio-politiques du village.
Les institutions qui ont maintenu les communautés kabyles sur la montagne, se trouvent donc vidées de leur substance et le rapport montagne/plaine se trouve inversé. "Les choses ont changé à l’époque coloniale, lorsque les plantations modernes ont été étendues dans les plaines …Ainsi s’est trouvé profondément modifié le rapport économique plaine/montagne, dans lequel jusque là, la montagne était privilégiée", écrivait Marthelot.
La montagne ne peut plus répondre aux besoins de ses habitants et les ressources économiques ne cessent de diminuer : la terre ne peut plus nourrir la dense population. L’émigration est impérative pour le surplus humain vers les grandes villes d’Algérie (Boufarik Alger et Annaba) et en Europe. "Mis en contact avec l’économie moderne par le salariat et l’émigration, le fellah a été amené à en intérioriser progressivement la logique de rationalisation (la prévision va se substituer à la prévoyance l’esprit de calcul à la “nniya"-refus de calculer". L’émigration des Kabyles en Europe a commencé bien avant la première Guerre mondiale. On compte en mars 1914, 1635 mineurs kabyles employés dans le bassin houiller du Pas-de- Calais et du Nord.
C’est à partir de la seconde Guerre mondiale que l’immigration fut effective pour les Kabyles. Le manque de dynamisme économique, la scolarisation, et surtout la densité humaine et l’offre d’emplois du pays d’accueil, ont poussé les gens à immigrer en France. Mahé écrivait : "Après avoir envisagé tous les paramètres qui concourent à l’ampleur du phénomène migratoire, c’est seulement dans les deux douars (Beni Douala et Beni Mahmoud) présentant respectivement 372.hab./km2 et 314 hab./km2 que la corrélation entre densité démographique et intensité d’immigration nous semble relativement pertinente puisque les taux d’immigration par rapport à la population active masculine atteignent respectivement 53 % et 47% contre une moyenne régionale de 245 hab./km_et 36,3°% d’émigrés".
Jusque-là, l’émigration était une activité temporaire qui avait pour objectif le soutien des structures familiales communautaires. "Les revenus de l’émigration et ceux obtenus sur place sous forme de salaire ont donc, dans un premier temps, servi directement l’économie d’autosubsistance". Le stock de prévoyance, agricole et artisanal dont disposait la société familiale communautaire fut renforcé dans un premier temps, par l’apport du capital monétaire issu de l’émigration. Ensuite au fur et à mesure que le capital monétaire augmentait, le stock agricole et artisanal diminuait. L’essor démographique accentuait le phénomène et la terre ne pouvait plus nourrir la population. La société passa de l’économie d’auto-subsistance où l’individu dépend du produit de la communauté, à l’économie de dépendance où la communauté dépend du produit individuel. Ainsi la société kabyle est devenue consommatrice et une réserve de main d’œuvre. Après l’indépendance, l’émigration n’est pas épargnée par les changements qu’ont connu toutes les structures de la société familiale communautaire. Elle n’est plus l’émigration temporaire qui renforce les structures de la société, elle devient une source de subsistance et un enrichissement individuel (la mutation s’est faite donc dans un premier temps de l’émigration temporaire à l’émigration de longue durée ensuite à l’émigration familiale dans un second temps). La migration familiale de peuplement est favorisée par les nouvelles orientations de la politique migratoire : "Les objectifs économiques à court terme poursuivis à travers l’usage de cette force de travail d’appoint qu’est la main-d’œuvre immigrée, s’avérant insuffisants, ce sont les préoccupations à long terme, telles que, celle de la reproduction démographique qui vont s’imposer."
Les conséquences de la dépendance économique font éclater l’unité sociale, (axxam ou famille élargie) et font apparaître des ménages (mari et femme). Le phénomène s’est accentué avec l’accès de la femme à l’instruction et au travail.
Ainsi à Tala-Khlil, le phénomène d’exode de ménages vers les villes a commencé au lendemain de l’Indépendance. Quant à l’émigration familiale vers
Depuis, l’émigration et le salariat sont devenus les principales sources économiques de la région. Le travail de la terre est devenu secondaire(une contrainte). Désormais, la montagne est passée de l’économie d’autosubsistance à l’économie de survie. Les montagnes restent tout de même, peuplées, consommatrices, et servent de réservoirs de main-d'oeuvre.
Bibliographie et sources archivistiques
1) M. Dahmani, Economie et société en Grande Kabylie,O.P.U , Alger 1987.
2) F. Dessomes P.B, Notes sur l’histoire des Kabyles, Editions Tira -1992.
3) Gabriel Camps-Libyca- Encéclopédie berbère -Etre berbère
4) Revue Africaine n° 5. . "Burgus Centanarius ou redoute romaine en Kabylie" Berbrugger
5) Mahfoud Keddache, l’Algérie dans l’antiquité, le refus berbère, ENAL 1992.
6) Anadi n°3 et 4, article "Wedris" Mouhend Akli Hadibi, 1999.
7) A. Hanoteau A. Letourneux,
8) Henri Genevois, monographie villageoises At. Yenni etTagemmout Azouz. ENAG-Editions
9) Si Amar Boulifa, Le Djurdjura a travers l’histoire. Editions Berti.
10) J. Morizot, cahiers de l’Afrique et de l’Asie,-l’Algerie kabylisée, annexes, listes des centres municipaux au 31 octobre 1948.
11) J . Nil Robin notes historiques sur
12) J. Nil Robin,
13) A. Mahé, Histoire de
14) Y.Adli
15) G. Camps, Aux origines de la berbèrie/ Massinisa ou le début de l’histoire, Alger 1961 ;
16) G. Camps, Les civilisations de l'Afrique du Nord et du Sahara, Paris 1974.
17) G. Camps, Les Berbères mémoire et identité, Paris 1987.
18) Revue Africaine N°5 Article, L’élargissement des droits politiques des indigènes, ses consequences en Kabylie, de M.M.Remond, O.P.U.
19) S. Chaker, Imazighen ass-a, Editions Bouchene, 1990.
20) A. Zehraoui, L’immigration de l’homme seul à la famille, Ceimi l’Harmattan, 1994.
21) "Rapport de la commission chargée d’étudier les conditions de travail des indigenes algériens dans la métropole 1914, Editions Gouraya.
Par Ramdane Lasheb
Source: http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=30113&ed=MTM0OA==
Le village :
Les Kabyles vivent encore groupés en villages généralement assez importants, pouvant atteindre plusieurs milliers d’âmes et ne descendant que rarement au-dessous de cinq cents, et bâtis sur les pitons de montagnes ou sur les sommets de mamelons séparant les vallées. Qu’ils soient de forme allongée ou circulaire, ils ont été conçus de façon à pouvoir être efficacement défendus, du moins avant que l’artillerie ne fasse son apparition. Ils portent le nom de touddar , pluriel de taddart Les maisons, toutes en dur, généralement sans étage, couvertes de tuiles rouges, s’écrasent les unes sur les autres au point que, vues de loin, elles donnent l’impression de n’en former qu’une seule, immense. Le village, zébré à l’intérieur par de nombreuses impasses, souvent taillées dans le roc, n’ouvre sur l’extérieur que par deux ou trois rues. Il est très rare qu’il soit entouré d’une muraille. Sans doute se modernise-t-il chaque jour, mais, dans l’ensemble, son visage n’a pas changé.
Il y a un peu plus d’un siècle, ce village constituait une unité politique et administrative complète, un corps qui avait sa propre autonomie. Il était administré par une assemblée (djemaa ) composée de tous les citoyens en âge de porter les armes ; elle assurait le respect des règlements en vigueur, abrogeait les anciens et en édictait de nouveaux si le besoin s’en faisait sentir ; elle décidait de l’impôt et de la guerre, administrait les biens de mainmorte et exerçait sans partage le pouvoir judiciaire. Par délégation, elle se déchargeait de l’exercice de ces pouvoirs sur un chef de l’exécutif appelé, suivant les régions, lamin (homme de confiance), amukran (ancien, dignitaire), ameksa (pasteur), élu par tous les citoyens majeurs réunis en assemblée plénière. Il présidait la djemaa , assurait la mise en application de ses décisions et préparait les affaires à lui soumettre. Il était assisté dans ses fonctions par un oukil et des tamen . L’oukil , généralement recruté au sein du parti hostile à celui du lamin , gérait la caisse publique et contrôlait les agissements du chef de l’exécutif. Les tamen (mandataires) étaient désignés par les fractions du village pour les représenter dans les réunions restreintes et faire appliquer les décisions de l’assemblée, qui étaient prises en réunion plénière après des débats où tout citoyen, sans distinction de condition sociale, pouvait émettre et défendre ses opinions sur tel ou tel problème, proposer des solutions, voire s’opposer à l’exécutif. La continuité de cette organisation politico-administrative était assurée par les kanoun , sortes de chartes dont certaines dispositions fondamentales doivent remonter aux temps les plus reculés. Bien que non écrits, ils représentaient l’autorité matérielle la plus élevée et prenaient le pas sur la religion même.
Source : http://kabyliephotos.free.fr/kabylie.htm#Villages%20:
Les villages de Kabylie
Ont un phénomène exquis.
Un torrent de poésie,
Né des oppressions subies,
Illustrées de belles mélodies,
Se déverse dans les esprits.
Avec sa voix, il séduit,
Il éveille et initie,
Tous ceux qui l’ont bien compris.
Mêlant sérieux, modestie,
Et sa magique thérapie,
Nous lui devons tant, à vie.
Guérissant les âmes meurtries,
Un bien-être les envahit,
Et l’espoir revient ainsi.
Le fan réfléchit, agit,
La lumière se fait, luit,
Et la vérité surgit,
Triomphant face au déni.
par : Slimani Saïd (Maâtkas)
source:http://www.depechedekabylie.com/popread.php?id=28311&ed=1313
| Collection “Villes et régions d’Algérie” |
| Une belle tournée en Kabylie |
| La Dépêche de Kabylie 21/07/2006 |
L’art culinaire, le mode architectural, l’organisation sociale ainsi que les divers rituels caractérisant chaque coin d’Algérie sont superbement rassemblés dans un petit livret riche en couleurs et illustré avec de très magnifiques photos qui mettent merveilleusement en valeur la beauté spécifique de chaque région et reflètent l’âme de chaque parcelle d’Algérie.
Louable et surtout très belle initiative que celle lancée par les guides Addiwan, qui invitent à travers une collection baptisée "Villes et régions d’Algérie", le lecteur à se rendre, sans même se déplacer, dans les plus beaux coins d’Algérie pour non seulement se régaler des resplendissants paysages de notre pays et les multiples facettes de cette vaste Algérie mais aussi de se plonger dans l’histoire ancestrale de chaque région et de faire connaissance avec ses traditions, coutumes et différents rituels.
L’art culinaire, le mode architectural, l’organisation sociale ainsi que les divers rituels caractérisant chaque coin d’Algérie sont superbement rassemblés dans un petit livret riche en couleurs et illustré avec de très magnifiques photos qui mettent merveilleusement en valeur la beauté spécifique de chaque région et reflètent l’âme de chaque parcelle d’Algérie.
Faisant de la citation de Confucius qui disait qu’une image vaut mille mots sa devise, ce guide se veut à vocation photographique avec plein d’images que l’auteur a tenu à accompagner d’une légende avec des mots choisis de très grande portée poétique.
Pour entamer cette prometteuse collection qu’il faudrait absolument encourager, les éditions Addiwan ont consacré leur première édition à la Kabylie, avec sa montagne, nourricière et maternelle, qui a une représentation assez particulière pour le Kabyle rebelle et fier qui la considère comme son repère, son ancrage ancestral qui fut longtemps et dans les situations les plus pénibles de son histoire, un refuge protecteur, avec sa façade maritime, ce lien viscéral qui relie la Kabylie au monde méditerranéen et ses ruisseaux, cascades et barrages qui multiplient les coins de paradis dans cette région envoûtante.
Dans la partie texte de ce guide, le journaliste Djaoudet Gassouma qui a titré son écrit "Au-delà des montagneq…des hommes", s’est étalé sur l’histoire de ces "Cabalins, fiers et arrogants, venus des confins de l’Afrique de l’Ouest…de la rivière d’argent et du ruisseau rouge", depuis l’occupation romaine (146 avant J.C-439 après J.C), l’invasion vandale et byzantine jusqu’à l’arrivée des Français et la prise de la Kabylie dès 1857.
Une région a toujours fait preuve d’une farouche résistance avec des épopées qui ont vu naître des héros immémoriaux pour défendre cette région, à l’image de Takfarinas, Firmus, El Mokrani, Fadhma N’Soumeur et bien d’autres. Les vestiges que compte aujourd’hui cette région, avec ses villes mémoires, notamment Béjaia, l’antique Saldae et la maîtresse de la Méditerranée qui a prospéré sous l’ère des Hammadites et tiendra la dragée haute à Tunis et Kairouan, et ses royaumes, souvent discrets, à l’exemple du Royaume de Koukou dans le 16e siècle, témoignent de l’histoire riche de la Kabylie.
Dans la partie photos, appelée "Instantanés" et signée Smail Benhassir, ce dernier nous ramène, avec la plus belle des manières, dans les coins les plus surprenants de la Kabylie, à commencer par l’enchanteresse Tigzirt avec sa superbe côte et ses séculaires ruines, marque indélébile de la présence romaine, en passant par Bejaia et son fameux fort Gouraya, témoin du passage des Espagnols et sa notoire Casbah préserve sur ses flancs le souvenir de l’illustre passé hammadite, Seddouk et sa maison mémoriale de l’endurance où demeure le résistant de première heure, Cheikh Ahadadh, Kherrata qui reste la mémoire d’un douloureux souvenir, le symbole de l’inoubliable carnage du 8 mai 1945 et Ifri qui a abrité, un certain 20 Août. 1956, les acteurs du congrès de la Soummam.
Le reste du livret reflète la vie sociale en Kabylie et l’activité quotidienne, ses maisons comme disait Mouloud Feraoun "faites d’un assemblage de pierres, de terre et de bois", l’artisanat kabyle, poterie, bijoux et costumes, ses zaouïas qui exercent une forte attraction et ses saints auxquels on s’adresse comme à son destin ainsi ses fêtes synonymes de communion, de joie d’être et de solidarité. |
| par H.Hayet |
Sources : http://thassaft.blogspot.com/2005/09/les-valeureux-martyrs-de-tassaft.html
"Tassaft un petit village,un simple village,
mais la simplicité de ses Enfants et de ses
Martyrs ont fait de lui une grandeure"
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L’espace que recouvre la Kabylie n'est fixé ni sur le plan géographique, ni sur le plan linguistique, ni sur le plan culturel. Pour certains, elle est cette aire berbérophone où se parle le Kabyle (dont la langue mère est le berbère) ; pour d'autres, elle va de la limite orientale de la Mitidja jusqu'au massif de Collo.Scindée en deux (Petite et Grande Kabylie) à l'époque coloniale, la Kabylie dépendait principalement du département de Tizi-Ouzou mais aussi des départements avoisinants (Alger, Constantine, Bône ... )
En 1974, une nouvelle organisation territoriale la découpe en trois wilayas (départements) : Bejaïa, Bouira et Tizi-Ouzou, trio auquel s'ajoutera en 1984 une autre wilaya, celle de Boumerdès dont dépendront désormais certaines régions rattachées auparavant à la wilaya d'Alger. Par delà ces frontières administratives, le pays kabyle s'étend aux régions de Sétif (Ait Yeâla, Mansoura, Guenzet,Ait ouartilane) et de Jijel. Berbérophones, les Jijeliens , bien qu'arabophones, se désignent qbayel hadra, "Kabyles citadins".En bref, pour parler de la Kabylie, je ne retiendrai que les critères géographiques suivants : le Djurdjura et les Babors. La Kabylie des Babors, elle, désigne une région littorale que limitent à l'ouest la vallée de la Soummam, à l'est celle de l'Oued el-Kebir. Elle s'étend sur les wilayas de Bejaïa et de Jijel. Le massif des Babors atteint 2004 mètres, il est constitué d'assises jurassiques de calcaires liasiques qui prennent des formes variées. Dans cette région, la montagne tombe souvent à pic dans la mer et forme une côte très découpée appelée Corniche kabyle ou jijelienne, où l'on admire caps, falaises, presqu'îles et promontoires.
Organisation social
Les Kabyles désignent leur territoire par l'ancien terme berbère thamourth (la terre, la terre natale, la patrie, le pays). Leurs habitations, construites en dur, couvertes d'un toit de tuiles et généralement sans étage, sont groupées en villages qui tournent le dos à l'extérieur et ouvrent sur des sentiers étroits. Mode de consommation La bijouterie appartient à la grande famille des orfèvreries cloisonnées ou filigranées émaillées. Avec la sculpture sur bois en champlevé, elle est une activité masculine, à l'inverse du reste de l'artisanat. En effet, exclusivement exécutées par les femmes, la poterie, le tissage (de haute lisse) et les peintures murales présentent des motifs réalisés en fonction des techniques requises par chaque activité. Leur signification, autrefois ésotérique, a fini par disparaître, sous l'effet d'une géométrisation avancée. Autant que l'expression artistique, la "littérature " kabyle, portée par l'oralité, est variée et possède un répertoire de formes narratives très riche comme les contes, les historiettes, les récits fondateurs, les mythes et les fables. Le savoir local est aussi fondé sur les croyances et le système mythicorituel. En effet, la Kabylie, tout comme l'ensemble de la Berbérie, baigne dans une profonde religiosité. Le monde des humains n'y est pas dissocié du monde invisible dont le kabyle vénère les forces bénéfiques (puissances tutélaires ... ) et redoute les forces maléfiques (djinns et autres génies). Le sacré incarné par un accident topographique, une grotte, un arbre, occupe une place aussi importante que les éléments de théologie islamique (Aït Ferroukh, 1997). |
Sources: http://tadjenanet.free.fr/beni-ouartilene/bo-societe-kabyle.htm