Guide touristique | La Kabylie : au-delà des montagnes, des hommes

07/10/2006 20:58 par tassaft

  • Guide touristique | La Kabylie : au-delà des montagnes, des hommes

    Guide touristique | La Kabylie : au-delà des montagnes, des hommes

    07/10/2006 20:58 par tassaft

 Tourisme

GUIDES D’ALGÉRIE DES ÉDITIONS AD-DIWAN


La Kabylie dans “la poche”

La collection de guides – touchant toutes les régions d’Algérie – des éditions Guides Ad-Diwan, vient de mettre sur le marché un précieux produit intitulé La Kabylie : au-delà des montagnes, des hommes.

On y trouve de très belles illustrations relatant les traditions ancestrales et des paysages magiques à vous couper le souffle que recèle cette région, accompagnées de beaux textes.

Cet ouvrage, sous la forme d’un livre de poche facile à manier, sera suivi d’une série d’autres guides qui traiteront de toutes les régions du pays, le Grand- Sud, les Aurès, le Constantinois, l’Oranie, etc.

Sources : Liberté - 07/10/2006

Grande Kabylie et traditions

06/10/2006 09:21 par tassaft

  • Grande Kabylie et traditions

    Grande Kabylie et traditions

    06/10/2006 09:21 par tassaft

La grande Kabylie : L’assemblée villageoise consensuelle

Dans les organisations politiques traditionnelles du village, ce sont les familles et non les individus qui sont représentés, et l’autorité de chaque participant à l’assemblée des hommes du village, la jemaâ, est, en premier lieu, fonction de la réputation de sa famille, du nombre d’hommes qu’elle comporte, et aussi de sa compétence personnelle dans l’art oratoire.

Car les décisions y sont traditionnellement prises au consensus, après que les hommes ont longuement discuté et jusqu’à ce que tous se rallient à une seule et même opinion, celle qui, la mieux défendue, a emporté la conviction et sera suivie de décision. C’est ainsi que les hommes d’âge, chefs de familles importantes (les iqurray n’taddart « têtes de village » ou « chefs »), pourvu qu’ils soient doués de sagesse et, surtout, de tamusni, « science du discours », ont, dans le passé, été les mieux entendus, réalisant une véritable gérontocratie. L’assemblée des hommes du village, la jemaâ , a toujours été la seule instance organisée de façon constante, avec des réunions périodiques régulières, dans un bâtiment propre, la tajmaât « maison des hommes » ; l’assistance y est obligatoire pour tous les hommes et représentants de chaque famille du village (à l’exclusion des femmes, sauf cas exceptionnel). La jemaâ décide des lois que le village se donne et sanctionne par des amendes les manquements à ces lois, commis par les membres du village, homme, femme ou enfant ; elle assure et gère aussi l’entretien des terres, chemins, bâtiments communs, des fontaines. C’est ainsi le consensus villageois, à défaut de majorité et de minorité et sans vote, qui résout et décide, à l’unanimité de principe, des affaires administratives, juridiques et politiques de chaque village. Cependant, puisque la langue tamazight ne dispose pas de l’écrit, l’oralité des affaires et des lois a toujours permis une grande souplesse d’adaptation selon l’occasion : rien n’a jamais été figé, tout a toujours été débattu, négocié, et, selon l’opportunité, adapté; il suffisait, pour cela, que tous les villageois se mettent d’accord. L’assemblée elle-même était présidée le plus souvent par l’amin, chef temporaire du village, le plus souvent le patriarche d’une famille honorable, respecté pour sa sagesse. Il n’y avait pas d’instance supérieure régulière. Un conseil de tribu, réunissant les responsables des différents villages pouvait être réuni lorsqu’un conjoncture particulière le requérait : un casus belli, une volonté de sécession d’un village, ou le désir d’adhésion d’un autre, une atteinte à l’honneur tribal ; mais, à ce niveau de l’aârch, la tribu, rien de régulier n’existait.

Aujourd’hui, la pression d’une jeunesse nombreuse

Ces jemaâs ont survécu jusqu’à aujourd’hui, malgré la guerre et la mise en place de structures administratives. Or, la gérontocratie d’autrefois s’y est trouvée dépassée. Car la population de Kabylie a beaucoup changé dans sa composition, du fait des multiples évènements du siècle dernier. En effet, l’émigration en France a très tôt séduit les hommes kabyles, poursuivant ainsi leurs déplacements traditionnels jusqu’en dehors du Maghreb. Ils ont été d’autant mieux à même d’aller travailler en France, qu’une politique de scolarisation en français a été, depuis la fin du XIXè siècle, tout particulièrement mise en place en Kabylie par le gouvernement français, plus précocement en Kabylie en l’absence de colonisation, que dans les autres régions d’Algérie où les colons s’opposaient à la scolarisation des indigènes. Très tôt, dès les années 1900-1910, des Kabyles ont été chercher jusqu’au delà de la mer, dans les usines marseillaises, parisiennes, ou dans celles des régions du nord ou de l’est de la France, les compléments de ressources que leur terre de Kabylie ne parvenait pas à leur fournir en suffisance. Les émigrants ont été, bientôt, surtout des jeunes hommes scolarisés, aptes à lire et écrire en français.

En conséquence de l’émigration et l’indépendance : beaucoup de jeunes

Ce fut d’abord ce que l’on a appelé « l’émigration noria », organisée par les familles, où un frère remplaça l’autre pour quelques années, souvent du plus âgé jusqu’au plus jeune, avant de revenir se marier au pays. Puis les hommes ont émigré plus durablement, pour une dizaine d’années ou plus, dans ce que l’on désignait, en Kabylie, comme « partir travailler à gagner de l’argent », mais toujours pour envoyer régulièrement les mandats à la famille, parents, frères et soeurs, femme et enfants, restés au pays. Sur ces entrefaites, la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) a pérennisé plusieurs années cette immigration masculine, tout en aggravant le déficit masculin sur place, en Kabylie, en ponctionnant sévèrement en hommes, victimes de guerre, la population locale. Enfin, plus tard, tout a changé à partir de 1975, où l’immigration dite « de travail », d’hommes seuls, a été interdite, tandis qu’était autorisé le seul « regroupement familial ». Les femmes ont alors rejoint leurs maris, puis les enfants ont suivi, ou sont nés en France. Ce changement de nature de la population kabyle immigrée en France a, en Kabylie, privé les familles étendues et nombreuses restées au pays, non plus seulement d’un ou deux hommes seuls, mais les a amputées d’un foyer conjugal qui en France, s’est installé durablement, avec un niveau de vie nettement supérieur à celui de Kabylie. Alors, les mandats envoyés à la montagne se sont faits moins réguliers, plus rares, leurs montants moins élevés, et le transfert de fonds de France en Algérie a considérablement chuté. Si bien que les hommes actifs, en même temps que les revenus de l’émigration et les ressources, ont bientôt commencé à faire défaut au pays. Et pourtant, en Algérie même, les familles kabyles, appauvries, ont encore, dans la vague démographique qui a suivi l’indépendance, vu naître de nombreux enfants qui ont survécu du fait de la réduction de la mortalité, comme du fait des émigrés de retour qui, souvent, se sont remariés à la fin de leur vie de travail à l’heure de la retraite et ont eu, sur place, de nouveau enfants, ou, du fait, plus simplement, des hommes et femmes restés en Algérie, jeunes devenus adultes. Car l’Etat algérien a attendu très longtemps avant de lancer et développer des campagnes de limitation des naissances, de sorte que, les conditions sanitaires s’améliorant, la mortalité infantile a régressé et la natalité a considérablement augmenté, jusqu’à faire prendre finalement conscience, aux autorités, de l’augmentation inquiétante du nombre des jeunes, prélude à un futur problème de la jeunesse. Si, après l’introduction de la contraception, la scolarisation accrue, y compris celle des fillettes, et les multiples changements dans les mentalités, la natalité diminue aujourd’hui réellement de façon spectaculaire, il n’en reste pas moins que le pic des naissances des années passées se ressent encore dans la pyramide des âges : au point que les jeunes de moins de 25 ans représentent, en 2001, 57 % de toute la population algérienne. En l’absence de nombreux hommes émigrés, ce sont ces jeunes qui, très nombreux et dynamiques, prennent à présent place sur la scène politique.

Les jeunes raniment les jemaâs villageoises où ils prennent le pouvoir

Désormais, dans les assemblées villageoises et même dans les rues des villages et des villes kabyles, ces jeunes sont très nombreux. Or, privés de possibilité d’émigrer, ils sont aussi privés de possibilité de travail, car le chômage sévit dramatiquement. Ils ne trouvent pas leur place dans l’agriculture ou l’artisanat local, jugés non rentables et de plus en plus abandonnés, non plus que dans l’activité nationale où ils ne peuvent être intégrés, si bien qu’ils demeurent aujourd’hui marginalisés. Alors, ils veulent faire entendre leur voix, réclamer leur place dans la société algérienne. Ils n’hésitent pas à prendre souvent la parole, et aussi le pouvoir, puisque, dans les assemblées, leurs voix conjuguées, leur détermination, leurs revendications, coïncident avec l’insatisfaction générale en Kabylie, si bien qu’ils emportent souvent l’adhésion.Or, dès l’indépendance en 1962, l’Etat algérien avait laissé ranimer officieusement les assemblées villageoises, croyant calmer cette Kabylie volontiers frondeuse qui n’avait guère été récompensée de sa massive participation à la lutte pour l’indépendance. Il est à penser qu’alors, et jusqu’encore aujourd’hui, l’Etat a prudemment jugé préférable de concéder ces expressions politiques, organisées sur le mode de la parenté sans dépasser le cadre du village, plutôt que d’encourager le développement de partis plus larges, fondés sur une adhésion à un programme préétabli, et aptes à réunir un plus grand nombre de partisans individuels, structurant un plus vaste mouvement, de dimension régionale, voire éventuellement nationale. Toujours est-il qu’aujourd’hui, du fait, ou non, de la bienveillance du pouvoir, les jeunes ont choisi de se réunir selon les modalités traditionnelles de ces jemaâs anciennes, qu’ils estiment encore constitutives de leur identité kabyle, et expressives des valeurs fraternelles et égalitaristes de leur culture.

Source: http://matoub.kabylie.free.fr/kabylie/grande-kabylie/grande-kabylie-2.htm

Fait moi voyager en Kabylie

01/10/2006 09:08 par tassaft

  • Fait moi voyager en Kabylie

    Fait moi voyager en Kabylie

    01/10/2006 09:08 par tassaft

Anzar - Ay a frux ifirelles, la Kabylie dont rêvait Dda Slimane

C’est en lisant la revue Izlan, « Slimane Azem, recueil de chants kabyles » préfacée en Kabyle par Mohand Uyahia et édité par Numidie Music, qui paraissait dans les années 70, qu’Anzar redécouvre « le rêve de Slimane Azem, le rêve de tout exilé ici ou dans le monde entier ».

Anzar insiste sur le fait que cette chanson est très profonde pour lui. « L’hirondelle que chante Dda Slimane arrive en Kabylie comme l’immigré kabyle, elle fait ses petits et repart.

Dans cette chanson plus que toute autre encore il y voit l’acuité du chanteur kabyle à décrire son amour de son pays. « Il cite toute la Kabylie, il est passé par tous les villages. Son regard sur la Kabylie n’en omet aucun, il nous place à une certaine hauteur mystique. Aujoud’hui demandez à quiconque « fait moi voyager en Kabylie », malgré sa meilleure volonté cette personne n’y arrivera jamais.

Sous une lecture et un montage poétique d’Anzar :

Oiseau migrateur, va... *

Flickr par stonefaction D.R.

Ay a frux ifirelles
A k-cegaagh awi-d tsbut
Aali di tignaw ghewwes
Awi-yi-d lexbar n tmurt

Abrid-ik yedhar’ iban
Deg-genni iqerb umecwar’
Ghar Sidi Abd Rrahman
A lwali i yqublen labhar
In-as i bab n lber’han
Aql-agh di lghwerba nent’ar
Sellem ghef leh’bab akken llan
Am-massa ncallah ar nemzar’

Aali di tignaw rehh’el
S yenna truh’ed’ qbala
Ar tmurt n leqbayel
Zuri-ts-id akkw s ljemla
Idurar akkw d sswah’el
Laazayeb tuddar lexla
Sellem ghef wid-enni nh’emmal
Yal yiwen anda yella

Zwir si Draa Lmizan
Hewess kra yellan d lhuma-s
At-tadid ghef izemran
Tiniri t-tghuzza wmecras
At-tefghed s Agwni G-geghran
Lhara-nnagh rrzu fell-as
Sellem ghef lehbab akan llan
Ghass at-tensed din yibbwass

Kemmel s adrar n Jrejra
Naaqal aali d asawen
S yenna truhed qbala merr’a
At Wasif d Icerridan
Ath michli d Tizi N Criaa
Akken I d-mqabalen
Sellam ghef lehbab merra
D ssadatt Igawawen

Dil akinna gher Mayu
At Yala d Bni Mensur
Tazmalt At Abbas Aqbu
Sidi Âic Wad Amizur
Hader win i t-ttajjad cfu
Zuri-ten akkw yelha ttfakur
S-yen gher Bgayet jbu
Guraya ig-gâussen lebhur

S-yenna dil-ed s Ibehriyen
Rrif rrif n lebhar
Dehm-ed Tamgut Alayen
Azazga d Bni Ijjar
Meklaa d Ath Yiraten
Gher At Yani iqerb umcwar
Sellem akkw ghef yehbiban
Tzured’Ccix Muh Ulmexttar

S-yen zegr-ed s Iwadiyen
Ghur-ek a-k-aarqen iberdan
At Aaysi akkw d Ihesnawen
Akkw d Wakal Aberkan
Tizi Wezzu d Balwa aalayen
Wagennun akkw d ljiran
S-yenna dehm-ed s Iflissan
Awi-yi-d lexbar yellan.

source : http://www.kabyle.com/spip.php?article11188

* Sous une lecture et un montage poétique d’Anzar

La fraternité

29/09/2006 04:19 par tassaft

  • La fraternité

    La fraternité

    29/09/2006 04:19 par tassaft

Tagmaţţ

Anidaten ? neţţnaditen,
a nesawal neh’wağğiten,
negredd tiγri,
andda akkw llan ad as slen,
mi dd tebbwed’ tizi n-t’iq,
andda llan a dd-siwd’en,
tiγri n-tegmaţţ ar d-as nesel,
di mkkul amkkan i deg a nilli,
a nseγres yakkw snasel,
a dd-ncerreg lebh’ar d-igenni,
az’ar yella yid-nneγ d-arfiq,
et’fet tisas, lembbat γurwen,
mi dd tebbwed’ tizi n-t’iq,
aqlaγ γer yidis nwen,



ayasa saεd, ayasa,
ullac igg cban asa…


nezgga nleh’u mebbla akukru,
zik naγ tura ur nkennu,
ansi i dd-tekka taluft,
akken i dd-teg a-ţţ-nernu,

yefkayeγ-dd udrar-nneγ,
ayen is nrefd aqaru,
si zik ur yelli lxuf deg-nneγ,
mačči asaggi at i dd-nesnulfu,
yal tiyita tekka sγur-nneγ,
nqubel si yal daεewsu,
aberanni yesla yis-nneγ,
siwa akkw d-lhiba i nleh’u,
lhiba bb-wedrar-nneγ,
yeğğayaγţţid a-ţţ-nesεu,


ayasa saεd, ayasa,
ullac igg cban asa…



kkul mi sawd’en γer lebγi nsen,
kkul mi teh’la tdukkli nsen,
a dd-yas kra ay zraεn,
taεdawt ger-asen,
neţţuγal ansi dd-nekka,
nh’ulfa s-tegmaţţ tud’en,
… lhem yekkfa,
wayed’ a dd-yellal andda nid’en,
yir tamuγli felleγ tezgga,
akka i dd-nann wid dd-isawd’en,
xas asaggi mazal tella,
a nsebdded widak yecd’en,
i wayen igg εeddan necfa,
a ndawi tagmaţţ yud’nen,



ayasa saεd, ayasa,
ullac igg cban asa…


nella nud’en, neh’la yiswen,
nefreh’ nerna s-tdukkli nwen,
imi nez’ra nerz’a daεewsu,
id aγ yuwten,
mi tεedda tizi n-t’iq,

a ndawi tagmaţţ yud’nen,
mi ţţ i dd-nemger, wiyed’ bbwin,
neţţwakkellex si zik nez’rat,
s-tegmaţţ kra bbwayen yemγin,
ma d-lqella n-tegmaţţ tenγet,
asa tegmaţţ ur teţţceqiq,
imi nez’ra ayen i daγ yuγen,
mi tεedda tizi n-t’iq,
a ndawi tagmaţţ yud’nen,


ayasa saεd, ayasa,
ullac igg cban asa…

Lounis Ait Menguellet


Transcription : Icerfan

Kabylie, Evita

28/09/2006 04:52 par tassaft

  •  Kabylie, Evita

    Kabylie, Evita

    28/09/2006 04:52 par tassaft

Hmimic At Lmulud : Kabylie, Evita

Ne me pleure pas kabylie
Au fond je ne t’ai jamais quittée
Je devais laisser les choses arriver
La séparation et ce qui s’en est suivi
J’ai choisi la liberté
Essayant des choses nouvelles
J’ai vu tant de pays
Et ne suis pas du tout impressionné
Toutes les promesses qui nous ont été faites

Ne sont qu’illusions
Ne me pleure pas Kabylie
Je t’aime et j’espère
Que tu m’aimes aussi
J’ai besoin de ton amour
Après tout ce que j’ai fait
Si seulement je pouvais fuir
Me fuir
Fuir tout ce qui me ressemblait
Fuir les années passées loin
De la protection de tes montagnes
qui m’ont tout ce temps manquées
Ne me pleure pas Kabylie
Au fond je ne t’ai jamais quittée
Même si je suis ailleurs
La place que tu occupes en moi
est et restera la meilleure
Est-ce que j’ai trop dit
Je n’ai rien à ajouter
La réponse a toujours été là
Tu n’as qu’à me regarder
Pour comprendre que tout

Ce que j’ai dit est vrai
Ne me pleure pas Kabylie
Au fond je ne t’ai jamais quittée
J’ai tenu ma promesse
Ne prends pas tes distances
Ne me pleure pas Kabylie
Je t’aime
Et j’espère que tu m’aimes aussi
Je t’aime
Et j’espère que tu n’as jamais
Cesser de m’aimer
.


© Hmimiche Ait Mouloud
New Castle .Grande Bretagne.
20 Février 2005
Inspired by "Evita, Don’t cry for me Argentina"

Géographie

24/09/2006 08:00 par tassaft

2X in 1.4X in 1.4X out 2X out Topo Satellite 2-D
0.1768 degrees: North South East West

 

 
Mid-range map of Tassaft Large range map of Tassaft
Nearby Cities and Towns
West North East South
Ait Bou Abd er Rahmane (1.3 nm)
Ait Abbas (1.3 nm)
Taourirt el Hadjadj (2.0 nm)
Agouni Ouzemoun (2.5 nm)
Tililit (1.9 nm)
  Ait Ali Ou Harzoun (0.6 nm)

Source : http://www.fallingrain.com/world/AG/14/Tassaft.html

Entre la montagne et moi, c'est vraiment la vie.

24/09/2006 06:34 par tassaft

  • Entre la montagne et moi, c'est vraiment la vie.

    Entre la montagne et moi, c'est vraiment la vie.

    24/09/2006 06:34 par tassaft

Jean PELLEGRI :


Que représente encore pour toi-aujourd'hui- la montagne ou la grande montagne ?

Da Lmulud ( Mouloud Mammeri):


La montagne, la grande, j'aime et, si tu me demandes pourquoi, je te dirai que c'est peut être parce qu'elle est un défi à la médiocrité. Choisir de vivre là, c'est opter pour la difficulté, pas une difficulté passagère, non, celle de tous les jours, depuis celui ou vous ouvrez les yeux sur un monde hostile, aux horizons vite atteints, jusqu'à celui ou vous les fermez pour la dernière fois. Il y a un parti pris d'héroïsme, de folie, ou de poésie doucement vaine à choisir cette vie.

La montagne ou je suis né est d'une splendide nudité. elle est démunie de tout : une terre chétive, des pâtures mesurées, pas de voies de grands passages pour les denrées, pour les idées.

Dans la montagne où je suis né il ne pousse que des hommes et les hommes, dès qu'ils sont en âge de se rendre compte, savent que s'ils attendent qu'une nature revêche les nourrisse, ils auront faim ; ils auront faim s'ils ne suppléent pas l'indigence des ressources par la fertilité de l'esprit ; la montagne chez nous accule les hommes à l'invention. Ils en sortent par milliers chaque année, ils vont partout dans le monde chercher un pain dur et vraiment quotidien, pour eux-mêmes et pour ceux (surtout pour celles) qu'ils ont laissés dans la montagne, près du foyer, à veiller sur la misère ancestrale, vestales démunies mais fidèles.

Quand les forces de leurs bras déclinent, ils quittent les pays opulents, ceux de la terre fertile et de la vie douce, pour revenir sur les crêtes altières dont les images ont taraudé leur cœur et sevré toute leur vie.

Sur les crêtes, il y a moins d'air (en montagne il faut crier pour se faire entendre), mais il est rêche, il tue les miasmes, il fait rouge le sang. Il n'y a pas de plat pays sur les hauteurs : vous n'avez pas intérêt à faire vos pas distraits ; il faut ou descendre ou monter, monter surtout, parce que c'est sur les crêtes les plus hautes que les hommes édifient leurs demeures. Les étrangers disent que c'est parce que qu'on s'y défend mieux, mais leur défense, les montagnards la confiait plutôt à la justesse de leurs fusils. Non, moi je crois qu'ils habitaient haut parce qu'on y est plus près du ciel. Du haut des cimes, ils dominaient mieux la terre et ses servitudes, car justement pour échapper aux servitudes des basses terres qu'ils ont choisi l'âpre rudesse des hauteurs.

Personnellement, j'y retourne aussi souvent que je peux, bien moins souvent que je ne veux, parce qu'entre elle et moi, il y a comme la tendre nostalgie des amants anciens. J'y dialogue avec les sources, même celles qui tarissent l'été, les chemins raboteux, même ceux que l'hiver efface, les rivières bleues, même celles qui quelquefois nous emportent, les nuits criblées d'étoiles si proches qu'on croit pouvoir les saisir en étendant le bras (la grande ourse au début de chaque soir est juste au-dessus de ma maison), les venelles, les fontaines, les fantômes, les vieux, les jeunes, les filles brunes ou blondes, les musiques.

De par le vaste monde, j'ai vu des plaines plantureuses, des arbres qui ployaient sous les fruits, des pacages aux troupeaux innombrables et des villes perdues de mouvements, de plaisirs et de biens, je jauge à leur juste prix ces félicités, mais rien de tout cela, non, rien ne me rend les fragrances, les échos, les larmes et les rires, la joie lavée de la montagne mauve ou j'ai appris le monde et son émerveillement.

Tu demandes : qu'est ce que la montagne est "encore" pour moi ? Tu n'as pas voulu la mélancolie de cet adverbe, il est venu sous ta plume de lui-même, mais c'est celui là qu'il lui fallait. Parce qu'il évoque comme le regret d'une patrie qui eut dû cesser d'être et c'est vrai : j'avais onze ans quand je l'ai quittée, je ne crois pas que la blessure se soit jamais réellement refermée depuis. Entre la montagne et moi, Jean, c'est vraiment la vie.

Référence: Ce texte fait partie d'une étude sur les écrits de Mouloud Mammeri et publiée par l'Association Culturelle et Scientifique TALA (Éditions TALA, Alger 1991) sous le titre "Culture Savante, Culture Vécue"

Source: http://dzlit.free.fr/mammeri.html

Tiwizi

22/09/2006 03:15 par tassaft

  • Tiwizi

    Tiwizi

    22/09/2006 03:15 par tassaft

Tiwizi II

A-neg amm waman
Timeqqit s tmeqqit
Tayyed, d tayyed,
Ar ingi wasif

A-neg amm wustu
Ighris d yeghris
Wayyed, d wayyed,
A-ybedd uzttâ

A-neg amm wedlis
Tikti s tikti
Tayyed, d tayyed,
Ad yakkan tamusni

A-nmun d atmaten
Afus g ufus
Tayett ar tayett
Ad yefkan tiwizi.

© H’mmu Kemous

Tiwizi II

Soyons ces gouttes de l’eau
Qui s’en prennent aux lots ;
Enfin, ralliant les flots
D’une marée sans crocs.

Soyons des fils de trame
Croisés telles des rames !

La couverture de l’âme
Tissera notre programme.

Soyons ces documents
A idées de froment,
Tamisées sainement,
La science détrône Amon !

Soyons unis en frères
Nos mains, des conseillères
Assistantes ouvrières
Vers une vie toute en lumière.

Trad. : H’mmu Kemous, Omar Derouich

Source : http://www.azawan.com/tamazight/times/txt/tiwizi_2.htm

TIWIZI:  

On dit:  an awi tiwizi

Tiwizi est la tradition d'entraide  par excellence . elle est toujours en vigueur dans les villages Kabyles même si sa pratique a tendance à diminuer. Que se soit d'ordre collectif ou personnel pratiquement tous les travaux qui demandent beaucoup de main-d'œuvre sont réalisés en" tiwizi ". C'est à dire avec l'entraide de tous les gens du village.

C'est de cette manière que même les pauvres arrivent a construire leur maisons.

AMDWEL:

On dit :   an efk amdwel

C'est aussi une tradition d'entraide. Amdwel consiste a s'entraider à tour de rôle. Cela se fait surtout pour labourer les champs. Un jour deux ou trois personnes s'unissent pour labourer un champs appartenant à l'un d'entre eux; et ainsi de suite; jusqu'a ce que toutes les semailles soient faites dans les délais. 

source: http://tiwizi.ifrance.com/

Faisons connaissances avec notre village

16/09/2006 21:33 par tassaft

  • Faisons connaissances avec notre village

    Faisons connaissances avec notre village

    16/09/2006 21:33 par tassaft

              TASSAFT OUGUEMOUNE : HISTORIQUE ET SITUATION GÉOGRAPHIQUE.

A 40 KM du chef lieu de la wilaya de Tizi ouzou, Tassaft Ouguemoune fait parti de la commune Iboudrarène daïra de Beni yenni. On y accède par la route nationale n° 30.

Il est difficile de situer dans le temps son apparition. Sous les poussées d’invasions multiples, à des époques diverses, les berbères de notre région s’étaient réfugiés sur les montagnes difficiles d’accès mais faciles à défendre. De plus, au fil des ans des familles ont changé de lieu de résidence pour recherche de terres mieux cultivables.

Au XVème siècle se dressait sur une colline un chêne énorme qui servait de repère aux voyageurs. Cet arbre a donné son nom au village : Tassaft Ouguemoune : le chêne du piton. C’est là qu’est venue s’installer une première famille, celle des OUAHIOUNE, d’où l’appellation encore restée de Tighilt At Ouahioune. Après arrivent les At Hamouda, At M’hemed, At Bacha et toutes les autres familles qui forment aujourd’hui le village.

Le centre compte aujourd’hui 1151 habitants. C’est le berceau du valeureux colonel Amirouche AIT HAMOUDA et de l’écrivain Chabane OUAHIOUNE, sans oublier de citer Amar OULD HAMOUDA, Mustapha BACHA, Djaffar OUAHIOUNE, Kamel AIT HAMOUDA et Azzedine YOUSFI dignes fils de ce village.

La position de ce village est remarquable , jusqu’au point de rencontre des anciens douars Ouacifs, Iboudrarène, At Yanni, At Attaf et At Menguelet.

De ce fait, Tassaft fut l’objet de plusieurs luttes en vue de son incorporation à l’une ou l’autre de ces communautés. Finalement elle fait partie des Ouacifs.

Sous les poussées démographiques et du modernisme, le village ancien a perdu de son importance en se dépeuplant au profit d’un nouveau centre qui a fait son apparition en contrebas, le long des routes carrossables. C’est là qu’on trouve la poste, le docteur, la boulangerie, les épiceries, les cybercafés,

A Tassaft on peut visiter la fameuse Zaouia relevant de la confrérie AMARIA.

L’artisanat ancien (forge, ferblanterie, tuilerie, travail du bois) a presque totalement disparu.

Tassaft Ouguemoune est véritablement au centre de la haute Kabylie. De son terre-plein on découvre de vastes panoramas : au Sud, l’imposante chaîne du Djurdjura avec les massifs de Tiguelmimine, le pic de Lalla Khedidja qui culmine à 2308 mètres, Taletat (la main du juif), Azrou n’ guougcem, Thimedhouine, le kouriet, l’haïdzer,… A l’Est le col de Tirourda et les contrées des Akbils et d’Aïn el Hammam, au Nord les territoires des At menguelets et des At irathen avec la colline glorieuse d’Icheriden. A l’Ouest on découvre les vastes terrains des Ouadhia et les At Aïssi.

De Tassaft on peut joindre aisément la station touristique de Tikjda, le lac Agoulmime, le gouffre d’Asouel, ou encore la grotte du macabres, …

Comme tout les autres villages, Tassaft ne jouet d’aucune richesse remarquable, mis à part ses beaux sites.

L’agriculture ancienne n’y est qu’un souvenir. Seule l’arboriculture fruitière (oliviers et figuiers) y intéresse encore un peu les habitants.

Chabane OUAHIOUNE.

 Source: http://site.voila.fr/irgazane/index.html

 

 

At Eurbah

16/09/2006 21:25 par tassaft

  • At Eurbah

    At Eurbah

    16/09/2006 21:25 par tassaft

Photo de quelques maisons du Village  voisin At Eurbah (photo prise du bas ,route vers Tassaft)

Hommage à Muhend U Yahia
 
Mon cher Mohya , que la paix soit sur ton âme !
Mes sincères condoléances à ton fils, à tes proches, à tes admirateurs,
À tous les disciples du narrateur...
 
Légende de ton vivant, mythique pour toujours,
Ton langage s'est déteint sur la génération et continue son cours...
Ta sensibilité et ton génie ont su explorer l'imaginaire
D'un peuple plusieurs fois millénaire.
 
La justesse de tes mots n'a d'égale que la rigueur mathématique
qui est la tienne.
Ils sont d'une force que seuls l'amour et la bonne foi détiennent !
Tu fus celui qui a su planter l'universel
Dans l'essence fortement enracinée de nos origines, Avec ton grain de sel,
Avec une simplicité déconcertante que seule la générosité connaît.
 
La finesse de ton expression et son authenticité,
La richesse de tes images, de tes métaphores,
Tes rimes graves et sonores
Ont séduit nos meilleurs, nos plus forts
Qui ont fièrement interprété
Ta poésie, tes vers d'or...
 
Tes recherches du sud au nord
Et jusqu'à l'extrême orient
Au prix d'un immense effort
Ont rehaussé nos talents.
 
Oh ! Le théâtre kabyle...
Tu fus le fondateur incontesté,
Ton emprunte indélébile
Le marque de toute ta bonté !
 
Ton humour répond comme un écho
Et en toute circonstance
Pour secouer les ego,
De sa fraîche substance
Et remuer les plus indifférents.
 
Tes œuvres te survivront à l'éternité !
Tu as vécu dans la modestie et la dignité...
Aucune tentative, aucune tentation n'a réussi à attenter
À la force de ton caractère, à ton intégrité !
 
Ni l'argent, ni la gloire,
Ni les plaisirs de la vie,
Encore moins le pouvoir
Qui corrompt et qui dévie
N'ont pu se faire valoir
Pour te faire quelconque envie !
 
Ta sobriété est un exemple de courage,
Ta discrétion, un exemple de grandeur d'âme.
L'humilité de ton sage
Entretient la grande flamme...
Ta générosité a abreuvé
Une culture en détresse.
Ton engagement a prouvé,
Par la finesse de tes prouesses
Et puise d'une profonde conviction...
 
Aujourd'hui, la source intarissable est aspirée par le néant,
Les rivières qui y sont nées font leurs chemins...
Je suis fier de t'avoir connu,
Heureux d'avoir échangé avec toi
Et enrichi pour la vie...
 
Tu demeureras dans la mémoire collective un monument !
Tu nous quittes, nous te regrettons :
Que la paix soit sur ton âme !
 
 Lhacène Ziani, parolier du groupe Ideflawen.