« Nous avons perdu des hommes, mais ne perdrons jamais la dignité ! »
12/05/2012 00:08 par Tassaft
Depuis fort bien longtemps, nous n’avons pas assisté à une mobilisation citoyenne et une solidarité villageoise à Tassaft Ouguemoune, dans la commune Iboudrarène, comme ce fut le cas le week-end dernier, à l’occasion de la grandiose kermesse organisée par les villageois pour célébrer Yennayer, premier jour de l’an berbère. L’initiative de cette opération de Timechret revient à quelques citoyens du village de Tassaft, constitués en collectif d’organisation autour de Moumouh et les fidèles de la zaouïa de Sidi Ammar, qui ont sollicité la contribution financière de tous les citoyens du village, pour l’acquisition de bœufs à sacrifier pour cette occasion. Au bout du compte, l’opération a suscité un engouement et une participation qui ont dépassé de loin les prévisions des organisateurs. Selon quelques citoyens de Tassaft, qui ont salué cette initiative qui «a rassemblé tous les habitants du village et a recréé les liens de solidarité et d’entraide», plus de 650 000 Da ont été collectés durant seulement vingt jours. Même ceux qui n’habitent pas le village ont contribué à l’opération et beaucoup d’entre eux sont même venus en famille assister à cette fête célébrant Yennayer. Vendredi, jour férié et saint, tous les habitants, hommes, femmes et enfants, se sont retrouvés au niveau de l’agora de la Zaouïa de Sidi Ammar pour assister et participer au sacrifice des quatre bœufs achetés, dans une fiesta des grands jours où la joie et la bonne humeur se lisaient sur tous les visages. «Célébrer le premier jour de l’année berbère dans l’union, la joie et le faste dans ce lieu saint de la zaouïa est un bon présage pour l’avenir de notre village qui, depuis longtemps, n’a pas connu pareille fiesta», devait déclarer Dda Ouali, un vieux du village qui se rappelle, non sans nostalgie et une pointe de regret, les années d’antan ou Yennayer était célébré en grande pompe par tous les villageois dans un esprit familial et convivial. «Espérons qu’avec cette initiative, ce sera le début du renouveau dans notre village» a-t-il ajouté comme une prière. En effet, au-delà de la distribution de la viande ainsi obtenue par la répartition des bœufs ou des moutons sacrifiés, la symbolique de Timechret renvoie à une organisation sociale et économique de la société Kabyle qui veut que la contribution de tout un chacun à la communauté assurait le partage et l’équité pour tous.Pour Yennayer, cette date est célébrée avec faste pour accueillir la nouvelle année dans la joie et l’abondance de biens et de richesses, pour que la divinité céleste accorde à la communauté ses bienfaits, sa clémence et ses richesses naturelles. Au village de Tassaft Ouguemoune, c’est vers la réappropriation de ces traditions sociales et ancestrales que les organisateurs de cette fête du village veulent arriver.
Par: Nassim Zerouki
Évènement : Timechret .
Lieu : Tassaft Ouguemoune (Kabylie) Algérie.
Date : vendredi 13 janvier 2012.
Ce rite séculaire, symbolisant les rapports humains chaleureux, la bonté, le partage et toutes les bonnes valeurs traditionnelles sont organisées pour des raisons multiples, entre autre et c'est la principale, la célébration du début de la saison agraire.
Et pour invoquer, très souvent, la puissance divine de nous gratifier d'un hiver pluvieux.
Timechret est un évènement fédérateur des citoyens de notre village qui permet de raffermir les liens ; elle est même l'essence de la justice sociale vue qu'elle implique un partage égalitaire sans distinction d'âge ,de sexe, de résidence de niveau social .
Timechret véhicule le sens de solidarité, où chaque citoyen du village ,contribue en fonction de ses moyens et de ces dispositions .
Timechret et un évènement festif qui fait appel à la générosité de tous les enfants du village pour égayer une journée et que chaque famille partage le même repas, quel que soit le rang social .
Dans la coutume quand l'évènement si attendu arrive, tous le village se réunis même les gens partis ailleurs, ne ratent pas l'occasion de venir retrouver l'ambiance du village .
Timechret a au moins le mérite de ressembler tous les enfants du village où qu'ils soient .
Elle est aussi l'occasion de se retrouver et de discuter sur plusieurs thèmes.
Un grand bravo aux initiateurs et un grand merci à l'Hussine At Wares pour les photos et le suivi de l’évènement.
Inchallah l'année prochaine on va pas rater ça!
Arezki Ait Ouahioune de Montréal.
À l'aube du Nouvel An 2012, acceptez de tout coeur les voeux les plus chaleureux pour une année exceptionnelle : santé, bonheur et prospérité !
Arezki Ait Ouahioune de Montréal.
Le Centre Amazigh de Montréal (C.A.M) a rendu un vibrant hommage au dramaturge et poète kabyle Mohya ce samedi 10 décembre 2011 au centre Africa de Montréal. Au programme, un documentaire réalisé et commenté par Hace Mess et des chants interprétés par un groupe de musiciens kabyles de Montréal.
Le documentaire a retracé l'œuvre riche et unique en son genre du feu Mohya. Hace Mess a également abreuvé l'assistance avec beaucoup d'intensité et de fougue de lectures des meilleures pièces du défunt l'artiste.
Mohya est né en 1950 en Kabylie, la veille d'une révolution. Les sons des combats et des grands sacrifices ont habité son enfance. Les chants de l'indépendance ont forgé son adolescence et sa personnalité. Le déni identitaire a, quant à lui, tracé la trajectoire de sa vie. Il faut dire qu'il avait amplement de bagage intellectuel pour briller dans les sciences exactes, mais il a choisi un autre domaine tripant et plein d'embuches et de tracas. D'ailleurs, dans son style satirique et sarcastique parfois, il l'a souligné : " J'aurais pu me construire autrement pour être parmi les meilleurs. " Cependant, les critères que pourrait avoir le profil des meilleurs, selon lui, sont aux antipodes de ceux de la majorité de ses compatriotes. En effet, toute son œuvre dénonce l'opulence, l'arrivisme, l'hypocrisie, le clientélisme, les trahisons multiples et le populisme politique.
D'abord, du point de vue académique, Mohya a été un grand dramaturge, un excellent traducteur et adaptateur, un poète prolifique et surtout un comédien et interprète génial. Il a magistralement adapté les œuvres des grands artistes et écrivains de la planète comme Beckett, Brassens, Molière, Lu Xun le Chinois, Serva le Breton et Brecht l'Allemand. Ce dernier l'a particulièrement marqué. Il est tellement fasciné par la qualité de l'œuvre de Brecht qu'il en parlait à la moindre occasion. Il a donc intégré à la culture kabyle des œuvres universellement connues et reconnues. Il leur a donné un cachet tellement kabyle qu'on a du mal à croire que (Am win yergan rebbi) est le bébé de " En attendant Godot " de Samuel Beckett, que (Tacbaylit) est le fruit de "La jarre" de Luigi Pirandello et que Afrux-nni est inspiré par le Rossignol du Breton Gilles Serva. Et pourtant, Mohya qui disait modestement : " On pique de partout " a réussi son pari de traduire le mode de vie des autres peuples à celui de son propre peuple.
Ensuite, du point de vue politique, il a été un militant irréprochable de la cause berbère. La culture et l'identité de son peuple l'ont habité jusqu'à sa mort. Son exil en France n'a aucunement ébranlé sa détermination à produire des pièces de haute facture dans sa langue et pour sa langue. Ceci étant dit, Moya a été bigrement déçu voire affecté par l'attitude des siens. D'ailleurs, il leur a collé l'étiquette de Brobros. Ces derniers ont vendu leur âme berbère pour des miettes. Pour lui, la culture de slogans et de la parlotte est stérile pour ne pas dire destructrice de ce que Tamazight a de meilleur. Dans ses œuvres, il a talentueusement représenté cette catégorie de Kabyles de service à travers les ânes, les chameaux pour ne citer que ces deux animaux qui ont une connotation péjorative dans la culture populaire des Berbères. Désormais, les textes de Mohya ont ôté la dimension humaine à ces personnes qui ont trahi leur peuple et son combat.
Enfin, du point de vue culturel, il a été fidèle à ses racines kabyles et à toutes les nuances de sa langue et de sa culture kabyles. Il suffit de l'écouter lire l'une de ses pièces pour s'en rendre compte. Il incarnait à la fois le vieux, la vieille, la mère, le fils, la femme, l'escroc, le lâche et l'observateur. À travers ses personnages, on reconstitue le village kabyle et son mode de vie. On y découvre les vertus et l'absurde, la beauté et la laideur, la sagesse et la folie, l'amour et la haine, le travail et la paresse, la solidarité et l'égoïsme, l'honnêteté et la ruse.
En somme, il a vécu simple et honnête et il est parti en 2004 propre et riche. Riche par ses œuvres et la constance de ses positions politiques et humaines. Il a tout donné à la mémoire de son peuple. À l'instar de ceux et celles qui nous ont quittés avant lui, Mohya est inondé d'hommages. À la question d'un animateur qui lui a demandé s'il pouvait le remercier, l'artiste répond avec dérision : " Quand je serai mort, vous pourrez faire mes éloges." Moralité : occupons-nous des artistes en leur vivant !
Par : Djamila Addar.
La culture ne s'achète pas...
Source : http://www.berberes.com/
Tannemirt i Djilali Ait Ouahioune pour la photo et le tee-shirt qui porte fiérement notre nom de famille.Arezki de Montréal.
Le cercle AZAR, créé en 2006, est un point de rencontre de tous les fils et filles du village qui veulent apporter de l'aide à des personnes qui sont dans la nécessité, mais aussi assister les écoliers (ères) du village en les motivant davantage pour la réussite dans leurs études...