Les réalisations par la régulation solidaire : cas de la Kabylie en Algérie - Village de Tifilkout
17/09/2009 18:05 par tassaft
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Les réalisations par la régulation solidaire : cas de la Kabylie en Algérie - Village de Tifilkout
17/09/2009 18:05 par tassaft
Par sa tendance naturelle à provoquer des changements internes et, par ricochet, externes en vue de retrouver de nouveaux états d'équilibre, l'économique, en tant que champ d’action, a, durant la décennie soixante-dix, provoqué des ruptures d’une telle ampleur et d’une telle irréversibilité que les réalités économiques façonnées par la pratique qui sont venues après ressemblaient de moins en moins au voulu du moule des modèles de la théorie économique standard . En terme de régulation, ce sont les mécanismes de ces modèles qui étaient tombés en désuétude : l’Etat en tant que machine régulatrice est à reconcevoir pour de nouveaux usages, les veines transmettant des redistributions des villes centrales vers les villes "arrière pays" sont coupées, les outils de régulation par l’entreprise (syndicat, augmentation des salaires en fonction de la productivité, etc.) sont inopérants...
Face à cet état de faits, les petits et moyens territoires « rurbains » sont passées, dans le cadre de la « glocalisation » , en l'espace de quelques années seulement, de l'état d’espaces passifs en assistanat à l'état de territoires condamnés à être compétitifs en s’auto-construisant et en s’auto-valorisant et ce, par le moyen de leurs ressources et actifs propres valorisés par des acteurs internes animés par un vouloir agir ensemble pour la réalisation d’un idéale-possible d’être.
Dans le tiers monde en général et en Algérie en particulier, par le fait que l’essentiel des efforts d’urbanisation et d’aménagement ont été -ils le sont encore plus aujourd’hui- concentrés au niveau des grands villes , laissant les espaces ruraux en déphasage, par fois même en déconnexion, les acteurs ruraux ont fini par voir en les valeurs et normes locales des facteurs salvateurs et, par leurs tentatives de débrouillardise stimulées par leur sentiment d’être abandonnés par les pouvoirs décisionnels, il créent des cadres associatifs d’action que, dans le besoin, ils mobilisent pour réaliser « …une résistance à l’homogénéisation culturelle » qui menace de dissolution leur valeurs et, par la même, les facteurs-mobiles de leur agir collectif, solidaire, pour leur réalisation. Ceci explique le fait que « …le secteur coopératif dans le tiers monde est principalement un phénomène rural » qui, en matière d’efficacité, fait toujours et partout mieux que l’Etat et ses démembrements.
C'est ce phénomène de ruptures théoriques sous jacentes à ces faits de régulation qui fait l'objet de cette communication dont l’objectif est d’étudier un microcosme territoriale dynamique, un petit village de la région algérienne de Kabylie, pour montrer que pour celle-ci et, par extension, pour tous les territoires ruraux des « pays en mal de développement », la régulation solidaire peut constituer une alternative face à la défaillance irrémédiable en la matière des mécanismes classiques.
Pour ce faire et partant de l’énoncé théorique consistant à soutenir l’idée qu’en économie solidaire, ce modèle de développement typiquement contextuel qui « combine plusieurs ressources et couple plusieurs logiques, économique, sociale, sociétale, etc.» , la tâche de l’analyste n’est pas d’évaluer puis d’orienter un territoire concret à partir d’un fonds théorique abstraitement constitué ou tiré d’une autre contextualité pratique, elle consiste plutôt à comprendre et à théoriser les construits territoriaux concrets en ressortant le fonds substantiel à l’origine de leurs façons territoriales d’exister et de se réaliser par la solidarité agissante et à partir des réalités existentielles ; nous allons, dans un premier temps, décrire les principales réalisations par la régulation solidaire au niveau du contexte étudié et, dans un deuxième temps, tenter de ressortir les mobiles cachés de cette régulation solidaire en réalisation.
LES GRANDES REALISATIONS D’UN PETIT VILLAGE
Le village Tifilkout de la commune Illiltène est situé à près de soixante-quinze kilomètres du chef lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou. A priori, rien ne prédispose ce village de haute montagne rocheuse pour un dynamisme : rigueur climatique, infertilité des terres, éloignement du chef lieu de wilaya et appartenance territoriale à une commune qui, en matière de ressources, est, relativement, pauvre . Et pourtant, comme pour confirmer l’idée hugolienne que « les petites choses viennent à bout des grandes », c’est ce petit village qui, en Algérie, nous donne un des grands exemples en matière de réalisation de soi par ce que nous appellerions la régulation solidaire.
Les éléments ci-après donnés, constituent une palette choisie des projets réalisés pouvant illustrer le fait, existentiellement significatif, que cette solidarité agissante pour l’autorégulation et, par extension, l’auto-développement, soit « …un processus : c’est-à-dire la construction collective par les acteurs, dans le temps, de projet d’un développement global » :
- Construction d’une bibliothèque propre au village au début des années 1980 par les ressources propre du comité de village.
- Canalisation de l’eau de source et son acheminement, durant l’année 1993, de la montagne au village sur une distance de près de cinq kilomètres. Ce projet permet à tous les citoyens du village d’avoir de l’eau sans rupture durant toute l’année ; ce qui est significatif lorsqu’on sait que dans la capitale même du pays, les coupures d’eau sont courantes au cours de l’année. L’achat des tuyaux nécessaires à ce projet a été réalisé grâce aux moyens financiers du village mobilisés par la fixation d’une contribution obligatoire aux citoyens du village qui varie en fonction des capacités financières de chacun. Ici, la contribution des émigrés, cadres et commerçants est relativement plus conséquente. Les travaux de réalisation ont été assumés par les habitants du village sous forme de « mechmel », c’est-à-dire que, durant la période de réalisation projets d’intérêt collectif, tous les citoyens du village qui y sont présents sont tenus obligatoirement de participer aux travaux. Ne sont exemptes que ceux qui présentent une justification valable, comme l’attestation de maladie.
- Couverture des ruelles internes du village avec du ciment en 1995. Ce projet a été, lui aussi, réaliser selon la formule précédente : le financement du projet et les travaux de réalisation ont été assumé par les villageois d’une façon solidaire.
- On 1998, on a réalisé la construction de cinquante fontaines publiques à l’intérieurs du village et ce, en mobilisant travail et capital d’une façon participative par les habitants de celui-ci.
- Réalisation en 2004 de plusieurs pistes agricoles. Les engins et autres matériaux ont été apportés par les autorités locales, et les villageois ont contribué avec leur force de travail.
- En 2005, on a réalisé l’achat d’un terrain pour l’aménagement d’un espace d’activités sportives. La valeur a été mobilisée par la fixation d’une contribution obligatoire de 5000 DA pour chaque foyer du village.
- Achat, en 2007, de vingt ordinateurs devant servir à donner gratuitement des cours d’informatique aux citoyens du village.
- en 2009, on à réalisé l’achat d’un fauteuil dentaire et la construction d’un centre de santé avec l’aide matérielle des autorités locales.
- Réalisation annuelle de travaux d’entretien des routes et ruelles du village.
- Organisation annuelle d’un festival de théâtre en hommage à un enfant du village, dramaturge de renommée internationale.
Outre ce qui vient d’être énuméré, retenant aussi la tradition instaurée de constitution spontanée de groupes de solidarité pour le soutien matériel et humain des porteurs de projet individuel exprimant un besoin d’assistance et aux nécessiteux et ce, à chaque fois que la situation l’exige. L’exemple illustratif sur ce plan nous est donné par ce jeune fraîchement licencié en sciences de gestion qui, ayant choisi de se réaliser professionnellement par un projet agricole, a reçu gratuitement, pour le lancement de son projet, ruches, tracteur, finance et assistance pratique et informationnelle par un groupe solidaire.
LES MOBILES AGISSANT POUR LA REGULATION SOLIDAIRE
Cet éclatant exemple de régulation solidaire nous autorise à passer de l’ordre descriptif à l’ordre interprétatif en mettant en avant la question de savoir qu’est ce qui fait que ce village, en tant que petit territoire, soit toujours en projet de réalisation de soi par soi dans un pays qui, pendant la même période et malgré l’importance de ses ressources, a été marqué des phases d’inertie et d’inefficacité actionnelle qui se sont relayés. Pour tenter de trouver les éléments de réponse prépondérants à ce pourquoi, nous avons réalisé une série d’entretiens avec des acteurs impliqués dans les différents travaux de régulation solidaire suscités, qui nous a permis de ressortir les mobiles cachés suivant :
LE ROLE MOTEUR DES ELEMENTS INITIATEURS
Derrière chaque projet-idée, on retrouve un élément moteur qui commence par mûrir l’idée dans un cercle restreint d’amis, puis la propose au comité de village en l’explicitant et en justifiant sa faisabilité et son utilité et enfin, en tant qu’animateur, fédère les hommes pour sa réalisation. Par exemple le projet de réalisation de la bibliothèque fut l’idée d’un médecin ayant construit le goût de la lecture et la culture de fréquentation de bibliothèques par ses contactes avec les pères blancs qui furent ses instituteurs durant les dernières années de la période coloniale. Cet exemple illustre aussi le principe-dogme de toute structure finalisée du village consistant à accordée une attention religieuse aux avis des personnes instruites, et c’est ainsi « que la culture cultivée cultive la culture anthropologique » en vue de la mettre toujours en phase avec les évolutions externes.
LA PREDISPOSITION DES AUTORITES LOCALES POUR LA CONTRIBUTION
Par l’exemplarité que montre le village en matière d’initiative, les autorités locales se trouvent dans l’obligation de faire de leur mieux pour satisfaire les sollicitations de ce village, ceci d’autant plus que, à la différence des autres contextes sociaux où on attend tout des collectivités locales, les citoyens de ce village ont la particularité de ne recourir que rarement à celles-ci pour la concrétisation de leur projet et quand ils le font, c’est pour demander une contribution et non la prise en charge total du projet. Ceci est à l'origine d'inter-influences fécondes entre le sous-système socioculturel, la structure sociale du village, et le sous-système politique, les autorités locales : les membres de la structure socioculturelle développent une attitude comportementale positive consistant à présenter régulièrement aux autorités locales des revendications portant sur l’intérêt général de la collectivité villageoise ; les autorités locales, de leur part, en voyant les réalisations pratiques du village et la pertinence de leurs projets, répondent aux sollicitations par des solutions appropriées. Ainsi, on voit se réaliser la convergence des acteurs multi-casquettes pour la concrétisation de projets d’intérêt collectif, donnant forme par leur rencontre finalisée à des formes d’activité originales à la fois par le «… principe d’hybridation des logiques d’action et d’hybridation de ressources… »
LE DESIR D’AUTONOMIE, SOURCE DE FIERTE
Sans qu’il y ait un positionnement antagoniste face à l’Etat et ses démembrements, dans ce contexte d’action, les acteurs agissent comme pour signifier à ceux-ci qu’ils ne sont pas indispensables pour la concrétisation des projets collectifs de développement du village. « Le projet de l’économie sociale s’enrichit ainsi d’une volonté d’émancipation et de promotion -individuelle et collective- des personnes » C’est, en somme, un projet de concrétisation par un groupe de personnes d’un vouloir être d’une certaine façon en mobilisant leur propre moyens (financement, travail, savoir-faire, etc.). Au-delà de son utilité fonctionnelle, le projet concrétisé de cette façon donne aux citoyens du village une fierté d’avoir réussi leur autorégulation et auto-développement.
LE CADRE ORGANISATIONNEL MOBILISATEUR
Si, dans ce village, le projet-idée a souvent été l’œuvre d’individualité, le projet concret a toujours été la réalisation des structures organisationnelles, sans lesquelles rien ne serait fait.
En effet, les structures socioculturelles du village sont encadrées dans leur agir collectif par deux catégories d’organisations : le comité du village et l’association à caractère socioculturel.
Dans la pratique, les champs d’action de ces deux types d’organisation sont définis de sorte qu’ils réalisent aux profits des structures sociales un travail de complémentarité :
- le comité de village constituent une forme de prolongement des pouvoirs politiques décentralisés au niveau local, c’est leur interlocuteur social légitime ; comme il est, au niveau du village, le seul cadre reconnu en tant que structure officielle et pérenne ayant la prérogative de réunir, mobiliser, coordonner et légiférer, etc., dans l’intérêt de la collectivité. En somme, le comité du village permet de faire exister la démocratie participative.
- l’association à caractère socioculturel, quant-à-elle, présente un cadre de mobilisation des jeunes en vue de canaliser leurs énergies vers des actions positives et de les initier à la prise de décision et au travail en groupe.
Ces structures se distinguent par trois caractéristiques, qui sont d’un grand apport à l’efficacité d’ensemble, à savoir :
- l’existence d’infrastructures propres dotées d’équipements divers, ce qui permet la réalisation de réunions et de plusieurs types d’apprentissages;
- l’implication active des citoyens en émigration, qui fait que ces derniers soient de véritables acteurs de développement du village et de motivation et de ressourcement des villageois.
UN HERITAGE INSTITUTIONNEL ACTUALISE
Les structures organisationnelles du village tiennent et fonctionnent grâce à un socle institutionnel connu et reconnu par l’ensemble des villageois .
La dimension institutionnelle, en tant que partie reliant l’ensemble du système sociétal par une multitude de veines invisibles, permet la mobilisation des acteurs pour les projets d’intérêt commun, la création et la (re)configuration de domaines d’activité articulés, la formation d’éléments référentiels positifs et l’affinement de routines. Ces institutions, qui, en partie, font le règlement intérieur du village lui permettant de statuer sur les différents cas imaginables, font un héritage venant du passé lointain légèrement actualisé . C’est d’ailleurs pour le fait que les institutions appliquées soient historiquement construites au niveau du village que les lois sont incontestables dans leur application : il ne vient à l’esprit de personne de remettre en cause les lois ancestrales qui ont permis la survie de l’âme de la structure sociale, sa culture spécifique.
LA DIVERSITE « ACTEURIALE »
Les projets consistants et prometteurs de développement par l’économie solidaire dans le contexte étudier ont été porté par des acteurs à existence diversifiée et ayant la conscience de leur utile complémentarité pour la construction d’un meilleur être pour eux-mêmes et, par ricochet, pour leur territoire. Cette diversité « acteuriale » est fondamentale dans la mesure où chaque forme d’être spécifique impliquée apporte au projet global sa matière nourrissante. La conscience de la complémentarité, quant à elle, est utile pour le fait que, le concret n’étant jamais parfait, un projet collectif en réalisation dans un territoire, tout autant que les projets individuels, s’affine par le croisement d’une multitude d’expériences, chacune permet à d’autre de savoir ses insuffisances en se relativisant et, par la même, de se corriger. Ici les spécialisations sont toujours respectées, en ce sens que la tâche d’animateur du groupe de réalisation d’un projet donné s’attribue à base du principe de correspondance de la spécialité de l’acteur avec la nature du projet à réaliser.
LES RELATIONS INFORMELLES
Les structures sociales du village renferment des réseaux de relations interpersonnelles inprogrammables et difficilement formalisables.
Ces réseaux servent aux personnes membres de leviers d’initiative ; en retour, les personnes membres entretiennent leurs réseaux par le moyen d’un certain nombre de valeurs, comme la prédisposition à rendre la pareille, l’ouverture d’esprit et le respect des engagements.
CONCLUSION
Dans le cadre d’un environnement aussi mouvant qu’imprévisible, contrainte aggravée par l’affaiblissement et le raccourcissement de la main visible des pouvoirs publics, les acteurs, étant toujours confrontés à de permanents imprévus de sens insaisissable, ont tendance à préférer d’adhérer aux projet portés par des structures ayant adopté des normes et procédures de coordination historiquement construites au niveau local , qui servent à maîtriser solidairement les aléas, à former une communauté de destin agissante pour la construction solidaire de son idéale-possible, aux réponses individuelles qui provoquent lentement mais inévitablement la perte de la cohésion de la structure d’action solidaire.
Cette nouvelle logique d’action est mue par la solidarité agissante pour le développement d’un territoire qui est à percevoir et à concevoir comme étant une totalité dynamique et harmonieuse contenant en son fond un souffle animateur qui lui est venu de son passé lointain , en ce sens que l’acteur territorial en tant qu’être agissant dans un espace de valeur donné, évolue dans une atmosphère faite de normes et valeurs construites et adoptées tacitement au niveau local, qui le façonne et que lui-même tâche de préserver (en l’état ou modifiées).
C’est pour cela que, lorsqu’il se trouve dans la situation qui l’oblige d’agir en rupture totale avec son atmosphère locale, l’acteur opte pour la non-adhésion.
Ce territoire, il est évident, et plus qu’un simple cadre de résidence ou d’activité, c’est un contexte d’existence, c’est à dire d’enracinement, d’attachement, de partage de valeurs et de normes, de construction et d’échange de valeurs et sens, d’héritage de lègues historiques, etc., et la régulation solidaire qui s’y réalise est une construction par une conscience collective et un vouloir agir solidairement, et, comme telle, elle ne se réalise qu’en combinant des existants :
on se choisit un avenir possible à partir de ses aptitudes, à s’organiser, à produire des sens et valeurs et à s’insérer dans des réseaux relationnels et d’échange basés sur la confiance, le soutien mutuel et l’engagement solidaire.
En définitif, du point de vue de l’économie solidaire, c’est par ces hommes qu’un territoire se développe et s’autorégule, et, réciproquement, les acteurs d’un territoire vivent pleinement le développement par et dans leur territoire développé.
ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES
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DEMORGON J. (2004), « complexité des cultures et l’interculturel : contre les pensées uniques », Paris, 3eédition revue et augmentée, Editions Economica, p. 213.
DEVELTERE P. (1998) « Economie sociale et développement », Paris, © De Boeck & Larcier s.a., p. 126.
DRAPERI J-F, LONDI L, RICHEZ-BATTESTI N, NIAKI M et CEZANNE-BERT P. (2003), «Valoriser les pratiques, faciliter la recherche-action, développer la professionnalisation et l’ingénierie », in Rapport de synthèse des Assises Régionales de l’Entrepreneuriat Social », Organisées par la CRES de Provence-Alpes-Côte d’Azur, du 19 au 20 novembre 2003, Marseille, Edité et réalisé par : Approche Textes et Image, p. 15.
GADRAY j. (Décembre 2001), « Régime de croissance, régime de productivité : peut-on penser les régulations post-fordistes avec des concepts fordistes ? », Lettre de la régulation, n° 39.
HANOTEAU A et LETOUREUX A. (1998), « La Kabylie est les coutumes kabyles », Paris, IMP.HIRECH, Seconde Edition, Tome deuxième, pp. 7-63.
KHAZNADJI M. (2004), « Essai d’analyse de la contribution du secteur privé à la création de l’emploi dans la Wilaya de Tizi-Ouzou », Mémoire de Magister, UMMTO, ISEG, pp. 162 et SS.
PRADES J. (Décembre 2001), « Etat des lieux de l’économie solidaire en région Midi-Pyrénées, méthodologie, typologie et freins au développement de l’économie solidaire », Rapport d’étude pour le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, p. 09.
NEYRET G. (2006), « mise en perspective des recherches », in CHOPART J-N, NEYRET G et RAULT D. (S/D de), Les dynamiques de l’économie sociale et solidaire, Paris, Editions La Découverte, pp. 14 et s.
ZORELI M-A. (2006), « L’historiquement construit au niveau local et dynamiques de développement territorialisé : cas de la Kabylie », Tizi-Ouzou, Editions Le Savoir, p. 56 et s
Document de Présentation de la Commune d’Illiltène, (en utilisation 2009), APC d’Illiltène.
Le règlement intérieur de l’association du comité du comité de village de Tifilkout, (en application en 2009), APC d’Illiltène, wilaya de Tizi-Ouzou.
Source : Yuna Breiz
PAR: ZORELI MOHAMED-AMOKRANE
Doctorant en sciences économiques et enseignant-chercheur à l’université A. MIRA de Bejaia, Algérie.
IXèmes Rencontres internationales
du Réseau Inter-Universitaire de l'Économie Sociale et Solidaire
Entreprendre en économie sociale et solidaire : une question politique?
Université Jean Monnet, IUT de Roanne, France,
Les 18 et 19 juin 2009
Site du colloque : www.iut-roanne.info/rencontres-riuess
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http://www.kabyle.com/node/5386
Entretien avec Tassadit Ould-Hamouda, responsable de l’association Tafsut au Canada “Nous sommes très sensibles à tout ce qui se passe surtout en Kabylie”
13/08/2009 04:01 par tassaft
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Entretien avec Tassadit Ould-Hamouda, responsable de l’association Tafsut au Canada “Nous sommes très sensibles à tout ce qui se passe surtout en Kabylie”
13/08/2009 04:01 par tassaft
Ils sont à des milliers de lieux de la Kabylie, mais sans pour autant, l’oublier, ni lui tourner le dos. Ils vivent au Canada, mais ils veulent rester c’est la nature, des Kabyles ! L’activisme culturel et politique de la diaspora kabyle, à travers le monde est cette fenêtre qui nous permet de côtoyer le monde, le connaître et surtout de se faire connaître. Notre amie, Tassadit Ould-Hamouda est parmi ces braves militants, qui ne cessent, même étant à l’autre bout de la Terre, de porter les couleurs de sa culture d’origine. Responsable d’association au Canada, elle nous explique dans cet entretien, les différentes formes de ses activités, la présence de son association dans les différentes cérémonies culturelles… Elle évoque surtout la relation qui lie cette association à la Kabylie.
La Dépêche de Kabylie : Vous êtes responsable d’une association culturelle berbère au Canada, pouvez-vous la présenter à nos lecteurs ?
T. Ould-Hamouda : Je suis responsable de l’association Tafsut, Chants et danses de Kabylie, fondée en 2001. Tafsut est un organisme sans but lucratif créée pour la sauvegarde et la promotion de notre culture au Canada
Quelles sont vos activités ?
Essentiellement, elles se résument comme suit : Organisation de spectacles :
Célébration et commémoration des évènements qui ont marqué ou qui font partie de notre culture afin qu’ils ne sombrent pas dans l’oubli : Yennayer, Tafsut n Imazighen, Anniversaire de l’assassinat de Matoub Lounès, etc…Célébration de la Fête Nationale du Québec (annuellement).
- Participation à des spectacles et festivals québécois ou canadiens :
Tafsut étant maintenant un groupe connu, il s’est classé parmi les grands groupes artistiques du Québec. De ce fait, il a déjà participé à de grands festivals, notamment "Le Mondial de Drummondville", "Montréal en Llumière", "Gigue en Fête", "Vues d’Afrique", "Journée africaine", "Adeqqi (Art des femmes berbères) au Musée de la civilisation Québec", "Festival de la nation Huronne de Wendake (premières nations)", "Yennayer à l’université de Chicoutimi" "Salon international du tourisme et du voyage de Montréal ", "Fête des enfants de Montréal", etc. Je ne peux malheureusement pas tous les citer…).
- Participation à des expositions :
Tafsut a participé à diverses expositions canadiennes et québécoises. La dernière manifestation remonte au 30 et 31 mai au Musée du Fier Monde de Montréal.
Vous célébrez, pratiquement toutes les dates inhérentes au combat identitaire de la Kabylie, quel accueil est-il réservé à vos activités par les Canadiens ?
Effectivement, à chacune des activités de Tafsut, les gens viennent en grand nombre et sont heureux de nous voir. Nous recevons des félicitations de tous. Nous remercions vivement notre communauté qui est toujours présente lors de nos participations aux divers spectacles. Les Canadiens sont heureux de découvrir une autre culture et sont très curieux de tout savoir. C’est de cette manière que nous faisons la promotion de notre culture.
Peut-on savoir quel est le nombre de vos adhérents ?
Nous n’avons jamais fait ou crée des cartes de membres pour la seule et unique raison que notre communauté à Montréal est nouvelle, nous ne voulons pas mettre les gens dans l’embarras. Tout le monde est le bienvenu à Tafsut. C’est pour cette raison peut-être que notre groupe a beaucoup de sympathisants. Par ailleurs, Tafsut fonctionne plus comme un groupe culturel.
Vous avez été félicitée à plusieurs reprises ?
En plus des messages d’encouragements et de félicitations de la Ville de Montréal et de plusieurs organismes culturels québécois, l’Association des At-Yiraten (Canada) m’a honoré par une reconnaissance qui m’a beaucoup émue (un trophée pour mon militantisme). J’ai eu le Prix d’Excellence 2007 de la Fondation Club Avenir (organisme de chercheurs et d’universitaires algériens). Je viens d’être félicitée et honorée avec un trophée par la prestigieuse association Acaoh d’Ottawa-Hull lors de la célébration de Tsafsut n Imazighen. Je remercie tous ces organismes pour leur soutien et la confiance qu’ils m’accordent ce qui m’encourage à y aller de l’avant.
La communauté kabyle est très importante au Canada, quels sont les liens que vous avez tissés avec d’autres communautés ?
Effectivement, la communauté Kabyle est très importante surtout à Montréal. Elle grandit de jour en jour avec les nouveaux arrivants.
Au fil des années, nous avons tissé de très bonnes relations avec des communautés africaines, russes, portugaises, malgaches et québécoises...
Je suis personnellement impliquée avec l’Association du Patrimoine d’expression du Québec (SPEQ), organisme de défense et de promotion du patrimoine d’expression au Québec, je rencontre souvent divers groupes de diverses communautés, à force de travailler ensemble, nous avons appris à nous connaître.
Les événements politiques en Algérie en général, et en Kabylie en particulier, peuvent-ils influencer vos activités, si oui de quelle manière ?
Bien sûr. Nous sommes très sensibles à tout ce qui se passe surtout en Kabylie. Notre cœur est là-bas. Les évènements qui s’y déroulent nous touchent au plus haut point et à chaque fois que l’occasion nous est donnée, nous en profitons pour informer l’opinion publique que ce soit lors de l’ouverture de spectacles, ou lors des invitations des médias d’ici ou d’ailleurs.
Avez-vous d’autres spectacles en vue ?
Nous préparons la Fête des Enfants de Montréal. Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour inviter notre communauté à venir applaudir nos jeunes sur scène, le 15 août à 12h00 et le 16 août à 16h00 et à l’atelier de danse, le 15 août à 12h30 au Parc Jean-Drapeau.
Un dernier mot ?
Tout d’abord je tiens à vous remercier pour l’intérêt que vous nous accordez. Je remercie Mourad Itim qui a toujours été là, pour Tafsut et qui active de bon cœur. Grand merci à toutes ces filles et à tous ces garçons qui sont la fierté de Tafsut : Imane, Ghilas, Ahmed, Zalas, Amina, Sonia, Lisa A., Lisa, Sarah, Neila, Taouès, Katia, et Djouher. Merci à toutes ces personnes qui nous aident à chaque fois que nous avons besoin d’eux, Rachid Bandou, Amar Nessah, Nordine, M. Chaker, Fouad Yalaoui, Samir Harfi, Madjid Benbelkacem et tous ceux qui de loin ou de près, contribuent à notre réussite.
Propos recueillis par Mohamed Mouloudj
la rubrique "Culture" © La Dépêche de Kabylie
Approche historique de la poésie féminine de la guerre (1954-1962)
23/12/2008 02:33 par tassaft
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Approche historique de la poésie féminine de la guerre (1954-1962)
23/12/2008 02:33 par tassaft
Quand l’oralité exalte la modernité...
La poésie de la Guerre de libération (1954-1962) est l’une des formes d’expression populaire de la littérature orale. Celle-ci est l’expression globale du groupe social, d’une communauté. Elle traduit les préoccupations, les besoins, les rêves et les valeurs d’un peuple. En quelque sorte, elle est son miroir authentique.
Ceux qui ont exploré ce domaine « sont unanimes pour dire que là est concentré et que là s’épanouit l’âme du peuple» [1]. Ce genre de poésie préserve la mémoire de la communauté, et ce au fil des années et des générations. Les dépositaires de ce patrimoine, héritiers spirituels pour reprendre l’expression de Rabia [2], constituent des bibliothèques vivantes [3] et un trésor inestimable pour les chercheurs (ethnologues, anthropologues linguistes et autres)… Seulement voilà que ces dépositaires qui savent encore la perpétuer, en la vivant et en la faisant vivre, s’éteignent un par un et emportent tout avec eux : depuis le premier enregistrement de ces poèmes de la guerre en 1992, plusieurs de nos informatrices sont mortes, en emportant avec elles d’autres qu’on n’a pas pu sauver.
Confronté à la modernité, un ensemble de genres de littérature orale est aujourd’hui en voie d’extinction, toutefois laissant apparaître d’autres formes nouvelles, comme l’écrit Chadli : « Il est certain que la littérature orale est en train de changer, d’évoluer. Elle abandonne certaines traditions, certains genres devenus inopérants (...) En revanche, se développent d’autres genres de la littérature orale, plus adaptés à l’évolution du mode de société que le monde connaît aujourd’hui. Par ailleurs, on peut considérer que la radio, la télévision, la publicité et l’ordinateur, le multimédia de demain, sont en train de construire et de véhiculer de nouvelles formes d’oralité qui vont de l’oralité savante (entretiens, débats, causeries programmes de cultures de haut niveau ) à l’oralité populaire (variétés, jeux, shows à grand public, sport théâtre boulevard, humour) »[4] Les conditions socio-anthropologiques et politiques qui ont permis l’existence de la poésie de la guerre, sa diffusion et sa conservation, se trouvent interrompues à l’indépendance du pays en 1962. Aujourd’hui, seules celles qui ont participé à sa création et à sa diffusion peuvent encore a chanter ou la réciter. C’est pourquoi, la collecte de ces poèmes s’est faite exclusivement auprès des femmes qui les exécutaient pendant la guerre. L’éducation, l’instruction obligatoire des enfants et l’accès des femmes au monde du travail font que « les mères ne sont plus au même titre qu’auparavant transmettrices de savoirs. (...) Ces savoirs féminins se perdent, telle la littérature orale …»[5]. Ainsi, leur fixation est plus qu’indispensable.
Le passage à l’écrit est donc nécessaire, non seulement pour la sauvegarde, mais surtout pour le développement et la promotion de notre culture : «De toute évidence, la fixation graphique des œuvres a été déterminante dans l’évolution des grandes littératures : russe, française arabe, anglaise, espagnol etc.» [6]
La femme et la guerre
Contrairement à l’homme qui est souvent à l’extérieur, la femme s’occupe du foyer et de l’éducation de ses enfants. Le proverbe kabyle «Tameîîut d lsas argaz d ajgu alemmas », (la femme c’est la fondation, l’homme le pilier central), traduit très bien la place qu’occupe la femme dans le foyer et dans la société kabyle (on bâtit un foyer autour d’une femme). Par conséquent, elle est le maillon principal par lequel se fait la transmission de la langue, des traditions et de la littérature orale dans toutes ses composantes. Pour la première fois, la passion pour l’indépendance et la liberté se traduit par la lutte armée (1954-1962) avec l’implication du peuple tout entier. L’engagement de la femme dans cette guerre est total. Ainsi, « la wilaya III émerge avec une participation féminine très élevée : 35% des militantes pour 17,4% de la population »[7]. La wilaya de Tizi-Ouzou, occupe 73 % de la W III, soit 7119 militantes sur 9815 que compte la W III[8]. Si elle ne manipule pas ou peu les armes, on la retrouve, par contre, impliquée dans d’autres secteurs, assurant la logistique pour les maquisards. Elle est dans les renseignements, dans les liaisons, elle soigne, elle s’occupe du ravitaillement et même des refuges. Elle participe aussi, avec innocence à la propagande du FLN [9] par sa production de poésie de la guerre. Ainsi, la femme est à la fois l’agent principal de production et de transmission de celle-ci. Les exécutions, le sang en qui a coulé et les larmes qui sont versées ont inspiré plus d’une. Devant cette tragédie, les femmes ont composé un nombre de poèmes relatant la vie dans le village, les différents accrochages et batailles, avec des détails saisissants. Ainsi, les maquisards sont honorés et les ralliés sont blâmés :
Axabit
Win yellan d axabit
Ncallah leqder-is ye$li
Cfant ula d lxallat
Lbatel ixdem idelli
Ma yemmut ye$ba yisem-is
Ma yedder leqder ur t-is_i
Le traître
Celui qui fut un traître
Par la volonté de Dieu, il serait sans honneur
Les femmes se rappellent
Le mal qu’il avait fait
Mort, son nom serait ignoré
Vivant, il serait sans honneur
Cette poésie est née dans le contexte de la guerre et pour la guerre. Elle est l’œuvre collective de femmes analphabètes. La question : quelles sont les auteurs de ces poèmes ? Les femmes de cette poésie sont toutes unanimes pour dire (d nekti ak), (c’est nous toutes). Bien qu’elles se reconnaissent dans la production de quelques pièces (ce sont celles qui ont des prédispositions à la poésie plus que d’autres qui les ont composées) et elles affirment volontiers qu’elles ont contribué à leur diffusion, en les chantant dans des occasions. Elles en sont les principales émettrices. Chaque village à ses poèmes. Leurs cadres d’exécution dépassent rarement son aire géographique. Les pièces sont chantées ou déclamées en solo ou en groupe. L’auditoire est en parfaite communion, et les poèmes sont beaucoup appréciés et admis.
Nous constatons que l’auditoire de l’époque n’est sensible qu’à une fonction, celle du militantisme. Elle, le plus souvent de manière instantanée, offre un rôle politique de résistance : celui-ci est un moyen d’action que les femmes font innocemment pour mobiliser, galvaniser et apporter un soutien moral aux résistants et aux troupes dans ses luttes contre l’adversaire. Ainsi, « un moudjahid qui entend des youyous, des poèmes de la guerre, se prend pour un char d’assaut capable de foncer bêtement sur l’ennemi ; l’aspirant Aissa Blinde nous a avoué que lorsqu’ il entend des youyous, il perd la tête pour foncer droit sur l’ennemi en tirant debout sur les positions ennemies»[10]. C’est pourquoi, elles sont parfois utilisées à des fins politiques de propagande pour développer la prise de conscience nationale : lors des campagnes de sensibilisations le responsable politique fait appel à ces femmes pour les chanter.
Ces poèmes apportent aussi un soutien moral aux familles des maquisards, comme le montre ce poème :
Tilawin n yemjuhad
Tilawin n yemjuhad
Berkemt icidi lfuda
Irgazen-nnkent deg wedrar
Lmitrayuz a tesqaqa
Rebbi ad kem-isebbar a yemma-s
Ad am-d-yawi lhuriya
Femmes des maquisards
O femmes des maquisards !
Cessez de vous faire belles
Vos hommes sont aux maquis
La mitrailleuse à la main
Dieu réconforte la maman
Il est parti pour la liberté
Approche historique
Aujourd’hui plus que jamais, la fonction historique prédomine. La poésie de la guerre est importante, non seulement par son nombre, mais aussi par ce qu’elle représente en tant que produit historique qui servira l’histoire dans l’écriture des événements. « La poésie orale kabyle de résistance est une poésie historique, parce qu’elle prend son origine, dans une historicité certaine, elle est née d’événements historiques vécus »[11].
La collecte des poèmes s’est faite exclusivement, auprès des femmes qui les exécutaient pendant la guerre. Aujourd’hui, rares sont les femmes, qui les ont conservés. C’est pour cela qu’on fait appel à celles qui les ont vécus et chantés, car il n’y a pas eu de transmission avec la nouvelle génération, née pendant la guerre ou après l’indépendance. «Ces poèmes conservent un statut privilégié, ils ne sont récités et chantés que lorsqu’il s’agit d’évoquer une situation historique marquante», écrivait Ben Brahim. Ils sont restés figés dans leur temps, loin de toute manipulation. Ils sont restés authentiques, ce qui fait d’eux un élément incontournable pour l’écriture de cette histoire.
La littérature orale en général et la poésie de la guerre en particulier, deviennent donc l’auxiliaire de l’histoire : « …Non seulement, elle peut constituer un document historique, mais elle peut être aussi, comme une production historique, comme une histoire faite par ses producteurs»[12], écrivait Lacoste Dujardin. Il permet la description de l’évènement tel qu’il est vécu comme le montre le poème suivant :
Laak ikkren di sse_a
Ay teqwa lmuta
Kul yiwen isridim yezri-s
Yiwen yuli tazemmurt
Yewwet-d gher tmurt
Di sse_a idda le_mer-is
Yersa abernus n lubar
Aqrab yeccur d lakis
Wwin-t ar Larba a ttqelliben tamurt-is
Comme un éclair
Comme un éclair, l’accrochage
Fut meurtri
Tout le monde fut touché
Sur un olivier, un rescapé
Riposta vainement
Car il rendit l’âme sur-le-champ
Vêtu, de burnous de poils de chameau
Dissimulant ainsi l’argent du front
A Larba[13], on cherchait à l’identifier
L.R.
Enseignant de langue amazigh
Source : http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=64515&ed=MTk5Nw==